CROSS ASSET : « Wasabi obligataire »
« La FIFA je te veux, si tu veux de moi » D. Trump recevant le prix de la paix
L’annonce implicite d’un resserrement imminent de la Banque du Japon a agi comme un catalyseur, relançant la remontée des taux longs à l’échelle mondiale. Le discours du gouverneur Ueda, laissant entrevoir une hausse possible dès la réunion de décembre, a entraîné une réaction synchrone sur l’ensemble des courbes mondiales . Cet épisode a déclenché un débouclement partiel des carry trades, accru la volatilité et ravivé une aversion au risque …mesurée.
Parallèlement la macro américaine a offert un mélange de signes de refroidissement du marché du travail et d’une inflation toujours présente qui nourrit l’idée d’un assouplissement monétaire imminent par la Fed tout en laissant intact le risque d’un rebond inflationniste plus tard en 2026.
Sur le front actions, la résistance a été notable. Les indices ont plutôt ralenti que reculé ( Europe et US en légères variations) mais la semaine a été marquée par une rotation sectorielle erratique, où la tech et les semi-conducteurs ont concentré les flux positifs tandis que les valeurs industrielles et certains segments de la défense ont corrigé: la nervosité existe, mais l’appétit pour le risque n’a pas pour autant disparu.
Le marché du crédit est resté remarquablement résilient cette semaine, avec un iTraxx Crossover (Indice de crédit regroupant 50 obligations d’entreprises européennes à notation spéculative) stable et une demande soutenue sur l’Investment Grade (les meilleurs risques), malgré la remontée globale des taux et le débouclement partiel des positions de carry trade.
L’or a poursuivi une trajectoire haussière modérée, soutenu par l’affaiblissement du dollar et la montée de la volatilité obligataire. Le pétrole, après un statu quo OPEP+ pour le T1-2026, est resté volatil mais contenu dans son range 62–63 $/b. Le cuivre, lui, s’est distingué en touchant de nouveaux sommets, anticipant une contrainte de l’offre due aux stocks aux États-Unis avant d’éventuels tarifs douaniers et illustrant une demande toujours forte.
Enfin le Bitcoin a subit une semaine difficile qui a commencé par une chute de 10% à l’ouverture de lundi avant de rebondir autour de 90.000 USD
CHANGE : « Le dollar perd un peu de terrain»
Est-ce qu’une pomme dauphine, c’est celle qui a fini deuxième à Miss Patate ?
Le dollar, fragilisé par des signaux macro américains mixtes et par des différentiels de taux en contraction, affiche un biais baissier : les anticipations d’une baisse de 25 pb par la Fed en décembre sont désormais largement intégrées.
L’Euro a consolidé au-dessus de 1,16, oscillant dans la zone 1,16–1,17, soutenu par une inflation zone euro légèrement au-dessus du consensus et par un dollar moins conquérant.
Le yen, quant à lui, a été la devise la plus agitée. La perspective d’un relèvement de la BoJ (désormais largement pricée par le marché) a provoqué des mouvements brusques : appréciation initiale, puis oscillations autour de 155–156 contre le dollar.
Parmi les autres devises, le dollar australien a fait figure de gagnant ponctuel, soutenu par des données domestiques plus solides que prévu et des anticipations d’une RBA plus ferme que le marché ne l’attendait.
La livre sterling est restée stable et le franc suisse confirme une dynamique désinflationniste et évolue dans un range étroit.
Dans les marchés émergents, la roupie indienne se raffermit à proximité de ses plus hauts historiques, autour de 90. La RBI a procédé comme anticipé à une baisse de 25 pb de son taux directeur (5,25 %), appuyée unanimement par le comité, arguant que la désinflation offre une marge de manœuvre suffisante pour soutenir la croissance.
La banque centrale polonaise NBP a abaissé à 4,00% (cinquième baisse consécutive) son taux directeur sans trop de réaction sur la devise mais dessinent des trajectoires locales très hétérogènes (Pologne vs République tchèque)
Enfin le peso mexicain est proche d’un plus bas de 18 mois autour de 18,20, malgré une modération liée au contexte politique (déplacement de Sheinbaum à Washington).
TAUX : «La pente se reforme par le haut »
A l'approche des fêtes essayez de dire 8 huîtres et 10 huîtres….et vous comprendrez pourquoi on a décidé de les vendre par 12.
Les rendements souverains ont retrouvé une trajectoire ascendante, impulsée par le mouvement japonais (anticipations de normalisation monétaire) et entretenue par des facteurs structurels (révisions budgétaires européennes, résilience de l’activité et ajustements de portefeuilles).
En Europe, la BCE maintient un discours prudent-accommodant : la fenêtre d’assouplissement rapide se referme, la priorité restant à une lecture patiente des données tout en gardant la flexibilité d’agir face aux chocs externes.
Le Bund 10 ans s’est installé juste en dessous de 2,80 %, l’OAT au-dessus de 3,50 % et le BTP autour de 3,48 %. Les spreads périphériques se sont resserrés sous l’effet d’un flux acheteur sur les actifs européens périphériques (le BTP/Bund tombant proche de 70 pb), même si la France reste exposée au risque politique lié au vote du PLFSS.
Sur les swap EUR la configuration des courbes illustre un bear steepening ( pentification par les taux longs) : signe d’une appréciation des primes de terme sur la partie longue.
Les asset swaps (différence entre les taux souverain et swap) se contractent, témoignant d’un regain d’appétit pour la duration et d’une liquidité qui, si elle persiste, pourrait tempérer certaines pressions haussières(?)
Aux États-Unis, les Treasuries oscillent autour de 4,06–4,13 % sur le 10 ans, après des adjudications montrant une demande robuste pour la dette américaine malgré des données d’emploi plus faibles.
Bonne semaine à tous






