Cross Asset : La tech descend dans la rue
"Nous avons retrouvé 3000 lycées neufs qui seront disponibles d'ici fin octobre" Le ministre de l’éducation National
La grande rotation tant redoutée a fini par déposer son préavis, et elle n’a pas fait de quartier. Le KOSPI paie des mois de positionnement extrême sur les semi-conducteurs, le Nasdaq recule de 3,38 % et le Nikkei de 5,37 %. La technologie est le seul secteur du Stoxx 600 à défiler dans le rouge. L’argent n’a pas quitté la table pour autant : il a simplement changé de crèmerie, au profit de la consommation, de la communication et de la santé. Le CAC 40 (+2,08 %) signe enfin sa première vraie hausse en six semaines, preuve que la Bourse de Paris, elle, n’était pas en grève.
Outre-Atlantique, la saison des résultats bancaires a fait le grand écart. JPMorgan, Goldman Sachs, Citigroup et Wells Fargo battent tous les attentes. Bank of America, à l’inverse, manque le consensus et écope en prime d’une amende de 1,2 milliard de dollars du Trésor, de quoi animer la prochaine assemblée générale.
Côtés émergents, le Mexique et l’Inde tirent leur épingle du jeu. La Turquie (-4,36 %) enchaîne une quatrième semaine noire, et le Brésil rend une partie de son envolée de la semaine précédente à l’approche du second tour.
Le crédit, lui, n’a pas rejoint le cortège. Le Crossover s’écarte et campe au-dessus des 300 pb pour la troisième semaine consécutive, un niveau inédit depuis mars, tandis que le Main, les Senior Financials et les Subordonnées s’écartent plus marginalement. Le marché primaire a tourné en service minimum : semaine la plus calme depuis la mi-août, largement dominée par les 10 milliards levés par l’Union européenne.
Sur l’énergie, l’optimisme autour d’un accord sur Ormuz continue de s’évaporer : le détroit fonctionne toujours en blocus filtrant, avec des flux limités à environ 80 % de leur niveau d’avant-conflit. Le Brent gagne 1,03 % à 105,80 dollars et le gaz TTF s’envole de 7,44 % à 87,49 euros/MWh, tout près de ses plus hauts pluriannuels.
L’or tient son piquet sans bouger d’un pouce, la prime de guerre et la demande de couverture contre l’inflation compensant la détente des taux. Le blé recule légèrement.
Change : Le dollar quitte la tête du cortège
On rêvait tous de voitures volantes. Et là, avec Elon Musk, il nous propose juste une centrale vapeur Calor qui fait des backflips, non ?
Après trois semaines en tête de cortège, le dollar a rendu du terrain face à l’ensemble du G10. Le rallye obligataire a dégonflé la prime de hausse de taux, et l’aversion au risque s’est concentrée sur la tech plutôt que sur l’ensemble des marchés.
L’euro remonte à 1,1255 et s’éloigne de son plus bas de dix-sept mois, soutenu par les faucons de la BCE. La monnaie unique reste toutefois lestée par la crise budgétaire française.
La livre sterling signe la meilleure performance des grandes devises. Elle profite du rallye des gilts et d’une Banque d’Angleterre qui maintient son préavis : une hausse pourrait être nécessaire si l’inflation énergétique s’intensifie. Ce sont pourtant les scandinaves qui raflent la mise : les couronnes norvégienne et suédoise gagnent du terrain, portées par un baril au-dessus de 100 dollars.
Le yen s’offre sa première semaine de hausse depuis cinq semaines, mais du bout des lèvres. Ueda n’a toujours pas convaincu sur la suite du resserrement engagé le 19 septembre avec la hausse à 1,25 %, et le marché, comme les lycéens, estime n’avoir obtenu que des miettes.
Sur les émergents, la chute du KOSPI rebat les cartes. Depuis le début de la guerre, le marché opposait les exportateurs technologiques, won et dollar taïwanais en tête, aux importateurs de pétrole à la traîne, roupies indienne et indonésienne et peso philippin. Cette semaine, l’Inde surperforme nettement la Corée. Le réal brésilien aborde la dernière ligne droite avant le second tour du 25 octobre entre Lula et Flávio Bolsonaro. La livre turque, enfin, reste sous pression.
Taux : Pas de TPI pour les braves
Mon frigo a été victime d’une cyberattaque : j’y ai retrouvé des nuggets, des Babybel et une Tourtel : Les hackers pourraient mettre le monde à genoux. À la place, ils décongèlent 100 kg de Croustibat dans les rayons d’Intermarché.
Pour la première fois en six semaines, tous les rendements souverains reculent, dans une véritable convergence des luttes obligataires. Le Bund à 10 ans perd 7 pb à 3,42 % et entraîne dans son sillage les 10 ans italien, espagnol et grec, qui reculent même plus nettement. Les taux britanniques se détendent eux aussi, même si leurs niveaux restent proches de leurs plus hauts de plusieurs décennies.
La France suit le mouvement, mais l’écart OAT-Bund ne bouge pas d’un iota, à 137,6 pb contre 137,8 pb. Depuis Bangkok, Emmanuel Moulin a opposé une fin de non-recevoir aux revendications : les conditions d’une intervention de la BCE (TPI) pour faire baisser les taux français ne sont pas réunies.
Côté BCE, la probabilité d’une hausse le 29 octobre fond à 7,5 %, contre 11,5 % la semaine dernière et 25 % il y a trois semaines. Décembre reste la date de mobilisation privilégiée, avec 85,2 % de probabilité de hausse. Sur la courbe swap euro, l’€STR s’aplatit par le bas et retrouve une pente positive sur tous les piliers, le 30 ans repassant au-dessus du 10 ans après une légère inversion la semaine dernière.
Aux États-Unis, l’inflation supérieure aux attentes a provoqué un aller-retour violent en milieu de semaine. Le 10 ans finit la semaine autour de 5,07 %, loin du plus haut de 24 ans touché la semaine précédente à 5,365 %.
La semaine prochaine, les résultats de Tesla et Meta, les données de consommation américaines après un moral des ménages au plus bas depuis cinq mois et la dernière ligne droite de la présidentielle brésilienne composeront un calendrier de mobilisation chargé.
Bonne semaine à tous






