Cross Asset : Mal à la France !
Après le plan « 5 CRS par élève », l’État annonce le déblocage de sa réserve stratégique de 3 000 professeurs remplaçants. Des lâchers seront organisés dans les établissements scolaires. Évitez de les approcher : ils ont été élevés en cage et ne sont pas encore sociabilisés. D’ailleurs, grosse frayeur ce matin, j’en ai découvert un planqué derrière mes thuyas !
Le « léger » répit obligataire français n’a pas profité aux actions. Le Stoxx 600 termine à l’équilibre, tandis que le CAC 40 reste en queue de peloton. L’indice parisien sous-performe ainsi son homologue européen pour la cinquième semaine consécutive. La consommation de base, l’énergie et la santé tirent leur épingle du jeu, tandis que les industrielles et les financières ferment la marche. Ironie de la semaine : ces deux derniers secteurs sont aussi ceux qui ont bénéficié du plus grand nombre de relèvements de recommandation de la part des analystes !
Outre-Atlantique, le S&P 500 gagne environ 1,00 % à l’approche de la saison des résultats, qui s’ouvrira la semaine prochaine avec les grandes banques. Le moral des ménages américains tombe à 46,3, son plus bas niveau depuis mai, tandis que sa composante relative à la situation actuelle touche un plancher historique.
En Asie, le Nikkei profite toujours de la faiblesse du yen, tandis que le Hang Seng (+1,13 %) bénéficie de l’espoir de nouvelles mesures de soutien en Chine. Le KOSPI (-5,39 %) signe la pire performance mondiale après plusieurs semaines de surperformance.
Les actions brésiliennes ont vécu une semaine historique, les investisseurs renforçant leurs positions à l’approche du second tour de l’élection présidentielle, prévu le 25 octobre.
Le crédit européen reprend son souffle après trois semaines d’écartement des spreads. L’iTraxx Main se resserre, tout comme les indices Senior Financials et Subordonné. Le Crossover (311,0 pb, +0,4 pb) reste toutefois au-dessus de la barre des 300 pb, un niveau inédit depuis mars. Le marché primaire, lui, a fait grise mine : 16,16 milliards d’euros d’émissions, contre 25 à 35 milliards attendus. Il s’agit de la semaine la plus calme depuis la mi-août.
Le Brent progresse sur la semaine, malgré un reflux en cours de période et des opérateurs de moins en moins sensibles à la rhétorique de Donald Trump sur l’Iran. Les flux maritimes dans le détroit d’Ormuz seraient revenus à environ 80 % de leur niveau d’avant-crise.
Le gaz européen s’envole, l’optimisme de la semaine précédente quant à un accord autour d’Ormuz s’étant dissipé. Le blé reste quasi stable (+0,48 %).
L’or reprend environ 1 %. La prime de risque géopolitique et la demande de couverture contre l’inflation continuent de soutenir le métal précieux.
Change : L’Euro sous perfusion !
Il y a vraiment une belle énergie collective en cet automne ! Céline Dion rassemble 500 000 personnes, le pape en réunit 600 000 et le ministre de l’Éducation nationale parvient à mobiliser 400 000 personnes en France… Un mardi, sous la pluie, en plus !
Le dollar signe sa plus longue série de hausses hebdomadaires depuis plusieurs mois. Il bénéficie de prix de l’énergie qui tirent les rendements obligataires vers le haut et entretiennent le scénario d’une nouvelle hausse des taux de la Fed cette année. L’offensive de la Maison-Blanche contre Lisa Cook ajoute toutefois une dose d’incertitude institutionnelle.
L’euro recule pour la deuxième semaine consécutive, à 1,1190 dollar, après être tombé lundi à son plus bas niveau depuis dix-sept mois, plombé par la crise budgétaire et politique française.
La livre sterling cède à peine 0,10 %, à 1,3228 dollar. Le discours conditionnellement faucon de la Banque d’Angleterre lui sert de plancher.
Le yen s’affaiblit pour la quatrième semaine consécutive, à 158,37 pour un dollar (+0,33 %), malgré le relèvement du taux directeur de la Banque du Japon à 1,25 % le mois dernier. Les marchés attendent toujours de Kazuo Ueda un signal clair sur la suite du resserrement monétaire.
Le franc suisse ne cède que 0,28 % face au dollar, à 0,8311. La demande de valeur refuge, alimentée par les inquiétudes autour de la dette française, compense en partie la vigueur du billet vert.
Du côté des devises sensibles aux matières premières, la couronne norvégienne et le dollar australien tirent leur épingle du jeu, soutenus par un pétrole au-dessus de 100 dollars. La couronne suédoise se maintient juste sous la barre des 10 pour un euro, tandis que le dollar canadien reste curieusement en retrait malgré la hausse du Brent.
Chez les émergents, le Brésil capte toute l’attention. L’inflation de septembre a toutefois dépassé la limite supérieure de la cible, compliquant l’équation économique du futur gouvernement à deux semaines du second tour de l’élection présidentielle.
En Asie, la chute des actions Coréennes brouille la hiérarchie observée ces dernières semaines, qui opposait les devises des exportateurs technologiques, won sud-coréen et dollar taïwanais ,à celles des importateurs de pétrole, notamment la roupie indienne, la roupie indonésienne et le peso philippin.
Taux : Sortie des urgences ?
C'est qui cette Navi Pillay ? Trump méritait bien plus ce Prix Nobel de la Paix car, comme il l'avait promis, il a mis un terme à la guerre entre la Russie et l'Ukraine en 24h, le conflit israélo-palestinien n'est plus qu'un lointain souvenir et donald est maintenant le prénom le plus donné pour les nouveaux nés en Iran !
Le marché obligataire français sort des urgences sans pour autant quitter l’hôpital. Le taux de l’OAT à 2 ans recule légèrement. La courbe se pentifie par le bas (bull steepening : les taux courts baissent plus vite que les taux longs), signe que le marché desserre l’étau à court terme sans être rassuré sur la trajectoire budgétaire. Le spread OAT-Bund à 10 ans revient à 137,8 pb, après plusieurs séances au cours desquelles le taux français à 10 ans a oscillé de 16 pb dans les deux sens, au gré des repositionnements des hedge funds. La France emprunte néanmoins toujours 28 pb plus cher que l’Italie, 43 pb de plus que la Grèce et 76 pb de plus que l’Espagne. La BCE, elle, reste réticente à activer son instrument anti-fragmentation (TPI). Conçu pour contrer les écarts de taux jugés injustifiés, il s’applique difficilement à un dérapage budgétaire que les marchés pourraient considérer comme… justifié.
Sur la courbe des swaps, la pente 2-5 ans s’établit autour de 12 pb et la pente 2-10 ans autour de 28 pb. Le taux à 30 ans repasse au-dessus de celui à 10 ans, effaçant l’inversion observée la semaine dernière. La probabilité d’une hausse des taux de la BCE le 29 octobre s’effondre à 11,5 %, contre 14 % une semaine plus tôt et 25 % il y a quinze jours. Celle d’un relèvement en décembre reste, en revanche, autour de 80 %, avec environ 49 pb de resserrement cumulé anticipé d’ici mars 2027, contre 55 pb il y a deux semaines.
Aux États-Unis, la prime de terme refait surface, et Wall Street y voit un signal de mauvais augure. Les inquiétudes sur la dette fédérale se conjuguent à la flambée des prix de l’énergie, qui ravive les anticipations de hausse des taux de la Fed.
La semaine prochaine, les résultats des grandes banques américaines et le prochain épisode du feuilleton Lisa Cook à la Fed donneront le ton !
Bonne semaine à tous






