Cross Asset : Tout le monde au tapis…sauf la tech
Je comprends bien l’engouement qu’il y a eu pour ce Léon XIV, mais personnellement, au niveau de l’intrigue et de l’action, j’ai largement préféré le premier, avec Jean Reno et Natalie Portman !
Le choc français a donné le ton à l’ensemble des actions européennes. Le Stoxx 600 recule, tandis que le CAC 40, en tête des baisses en Europe, signe une quatrième semaine consécutive de sous-performance face à ce même Stoxx 600. Le FTSE 100 (-2,03 %) perd, lui, son statut de valeur refuge, sous le poids de ses pétrolières. La technologie est l’unique secteur du Stoxx 600 en hausse, portée par le récit de l’investissement dans l’IA, tandis que les financières, exposées aux portefeuilles d’emprunts d’État, et l’énergie enregistrent les plus fortes baisses.
Outre-Atlantique, le Nasdaq sauve les apparences, tandis que le Dow Jones (-1,25 %) paie sa sensibilité aux taux. La déception sur l’emploi, avec un chômage en légère hausse, n’aura offert qu’un répit en fin de semaine.
Ailleurs, le Nikkei profite d’un yen toujours faible, tandis que le Topix, plus domestique, termine à plat. Le Kospi (+1,66 %) surfe sur les semi-conducteurs, tandis que l’Ibovespa se détend sur fond de sondages électoraux plus favorables.
Le crédit européen s’écarte pour la troisième semaine consécutive : l’iTraxx Crossover franchit la barre symbolique des 300 pb pour la première fois depuis mars, tandis que le Main s’élargit également. Les financières subissent le plus fort écartement. Par ailleurs, le marché primaire signe sa semaine la plus calme depuis la mi-août, avec seulement 20,9 milliards d’euros émis.
Le pétrole a respiré vendredi, avec l’accord du G7, coordonné par l’AIE, visant à libérer jusqu’à 100 millions de barils de brut et de diesel sur quatre mois. Le Brent termine à 102,25 dollars, tandis que les flux dans le détroit d’Ormuz plafonnent toujours à 60 % de leur niveau d’avant-conflit.
Le gaz européen TTF remonte à 74,76 euros/MWh, effaçant une partie de la chute de près de 10 % enregistrée la semaine précédente. Les espoirs d’un accord sur Ormuz se sont évaporés dès lundi, entre un Téhéran inflexible et un Washington qui rejette l’offre iranienne.
L’or recule de 3,35 %, à 4 141 dollars l’once, pénalisé par la vigueur du dollar et la hausse des taux réels, tandis que la prime de guerre continue de se dégonfler.
Le blé reprend son souffle, malgré la persistance des perturbations en mer Noire.
Change : L'euro paie l'addition
Ils sont toujours là en octobre… Je ne comprends toujours pas l’idée d’avoir fait s’accoupler un tigre et un moustique. Par contre saviez-vous que l’espérance de vie d’un moustique dans un spectacle de flamenco est de 23 secondes ?
L’euro termine bon dernier du G10 (-1,19 %, à 1,1255 dollar), victime directe de la crise souveraine française. Et ce sont le dollar et le franc suisse qui en ont recueilli les fruits.
Le billet vert a pourtant connu vendredi sa pire séance depuis un mois après la publication du rapport sur l’emploi, sans parvenir à effacer ses gains de la semaine.
Le franc suisse, recherché par les investisseurs fuyant la dette française, compense presque entièrement la force du dollar.
La livre sterling fait figure de refuge relatif, toujours soutenue par le discours conditionnellement faucon de la BoE.
Le yen s’affaiblit pour la troisième semaine d’affilée, le marché ne croyant toujours pas à une poursuite rapide du cycle de hausse de la BoJ après celle du 19 septembre.
Les devises cycliques souffrent de l’aversion au risque : le dollar australien et le dollar néo-zélandais cèdent légèrement du terrain, tandis que les devises pétrolières lâchent prise malgré un Brent au-dessus de 100 dollars. La couronne norvégienne et le dollar canadien reculent ainsi tous deux.
Chez les émergents, la fracture entre exportateurs de technologie et importateurs de pétrole s’accentue. Le won coréen, au plus haut depuis deux ans dans le sillage de la deuxième hausse consécutive de la BoK, et le dollar taïwanais continuent de surperformer, tandis que la roupie indienne, la roupie indonésienne et le peso philippin restent plombés par un baril au-dessus de 100 dollars et la vigueur du billet vert.
Le réal brésilien se redresse avec le reflux de la prime de risque électorale à l’approche du scrutin d’octobre, tandis que la livre turque reste sous tension. La libération des réserves du G7 pourrait, si elle se confirme, offrir un peu d’air aux importateurs de pétrole dans les semaines à venir.
Taux : Paris rejoint la périphérie
Ça marche, mais l'idée du gaz lacrymogène pour empêcher les lycéens de trop regarder leur portable va peut-être un peu loin.
Semaine de fracture sur les souverains européens. Le Bund a joué son rôle de valeur refuge à plein : le 2 ans allemand chute de 20,2 pb à 3,08 %, le 10 ans de 13,9 pb à 3,46 % et le 30 ans de 9 pb à 3,82 %, soit un bull steepening en bonne et due forme, c’est-à-dire une baisse des taux plus marquée sur le court terme que sur le long, qui pentifie la courbe.
En face, l’OAT s’envole sur toute la courbe. Le spread OAT-Bund à 10 ans clôture à 154 pb vendredi : le plan budgétaire présenté jeudi a été immédiatement jugé « optimiste » et menace désormais la survie du Premier ministre, sur fond de campagne présidentielle. Détail qui fâche, l’OAT 10 ans offre désormais 26 pb de plus que le 10 ans italien et près de 40 pb de plus que la dette… grecque.
La BCE se retrouve donc prise en tenaille entre son mandat d’inflation et la stabilité financière. Conséquence directe, la probabilité d’une hausse le 29 octobre s’effondre à environ 14 % (contre 25 % une semaine plus tôt), tandis que celle d’une hausse en décembre reste quasiment acquise, à environ 83 %, avec un taux de dépôt à 2,50 %. La courbe des swaps euro reste pentue jusqu’au 10 ans, mais l’inversion du 10/30 ans s’accentue nettement : le marché price une action de la BCE à court terme, puis un assouplissement à moyen terme.
Aux États-Unis, le 10 ans Treasury se replie très légèrement vendredi après le rapport sur l’emploi, qui a brièvement fait vaciller les paris sur une nouvelle hausse de la Fed d’ici à la fin de l’année.
La semaine prochaine, calme en termes de données, tous les regards resteront tournés vers Paris et le débat budgétaire, les modalités de mise en œuvre de la libération des réserves du G7 et les membres de la Fed, qui devront dire ce qu’ils retiennent d’un rapport sur l’emploi aussi décevant !
Bonne semaine à tous






