Lettre Hebdo des marchés semaine 37: " Ça ne coule plus de source"

Cross Asset : le brut fait dérailler la fête

D'après les résultats à PISA 2025, le niveau des élèves français en mathématiques, a chuté entre 1995 et 2026. Quelle honte ! Mais que s'est-il passé en 14 ans pour en arriver là ?

En Europe, les actions ont connu leur pire semaine en deux mois, le retour du Brent au-dessus de 100 dollars ayant servi de détonateur. Le CAC 40 a effacé l’intégralité de ses gains de 2026, plombé par une crise budgétaire française qui s’aggrave. Les banques, qui ont concentré à la fois le plus de dégradations et le plus de relèvements d’objectifs de la semaine, ont toutefois mené le rebond en fin de semaine.

Aux États-Unis, le S&P 500 a enchaîné quatre séances de baisse jusqu’à jeudi, sa pire série depuis juin, avant de rebondir vendredi. Un CPI plus élevé que prévu a paradoxalement levé une partie de l’incertitude sur la Fed, tandis que le pétrole se détendait. En Asie, la remontée des rendements obligataires régionaux a pesé vendredi : Nikkei à -2 %, hausse des taux australiens à 15 ans et taux japonais à 10 ans proche de 3 %.

Sur le crédit, l’Europe a vécu sa semaine la plus active depuis juin, avec 64,01 milliards d’euros équivalents, dont un mercredi record à 18,4 milliards, porté notamment par l’émission en quatre tranches en sterling d’Amazon. Jeudi et vendredi ont quasiment fermé boutique, sous l’effet conjugué de la BCE et du CPI américain.

Le développement le plus lourd de conséquences est toutefois intervenu vendredi soir : l’Arabie saoudite a fermé son pipeline Est-Ouest, d’une capacité pouvant atteindre 7 millions de barils par jour et constituant sa principale voie de contournement du détroit d’Ormuz, après des tirs de drones attribués à des milices irakiennes proches de l’Iran. Dans le même temps, les Houthis revendiquaient des gains face aux forces saoudiennes sur la côte yéménite de la mer Rouge.

Le Brent a passé toute la semaine au-dessus de 100 dollars, culminant à plus de 107 dollars jeudi, son plus haut niveau depuis les premières semaines du conflit, avant de refluer vers 104 dollars vendredi. Les flux via Ormuz restent bloqués à environ 30 % de leur niveau d’avant-guerre.

 

Le gaz européen a franchi les 75 euros/MWh pour la première fois depuis janvier 2023, les stocks allemands étant à peine à moitié pleins à l’approche de l’hiver.

 

Change : le dollar en montagnes russes

Le dernier I phone il s'appelle Duo parce ca coute a la fois un bras et un rein ? 

Le dollar termine la semaine quasi inchangé en clôture, une stabilité trompeuse qui masque des mouvements violents en cours de semaine : le billet vert a touché mercredi son plus bas niveau en près de sept mois, à mesure que le yen s’envolait, avant de rebondir nettement vendredi après la publication d’un CPI plus chaud que prévu.

Le yen signe la meilleure performance du G10 sur le mois, à environ +4 %. Il a franchi mardi le seuil des 155 yens pour un dollar, déclenchant une cascade d’ordres stop qui l’a propulsé jusqu’à 152,89, son plus haut niveau depuis février, avant de revenir dans une fourchette de 153-156 vendredi. Le ministre des Finances Katayama a rappelé que la position de Tokyo sur les changes n’avait pas varié depuis l’intervention conjointe avec Washington, tandis que le RSI à 14 jours reste en territoire de survente. Une clôture hebdomadaire sous 153,29 ouvrirait la voie vers 152.

L’euro termine la semaine globalement stable, la hausse de 25 points de base de la BCE ayant été intégralement anticipée.

La livre sterling a subi de plein fouet la débâcle obligataire britannique, le Royaume-Uni ayant dû emprunter à 5,82 % sur son gilt 2056, soit le taux le plus élevé jamais enregistré lors d’une adjudication depuis la création du Debt Management Office en 1998.

Sur les devises émergentes, l’indice des devises émergentes a signé sa première semaine de baisse en onze semaines, mettant fin à sa plus longue série de hausses depuis 2007, sous l’effet conjugué du rebond pétrolier et des paris sur la Fed.

Le won coréen a néanmoins touché lundi son plus haut niveau en près de deux ans, porté par le rallye des semi-conducteurs.

La roupie indienne a bénéficié des ventes de dollars de la RBI et de réserves de change record, à 785,71 milliards de dollars.

La roupie indonésienne a vu revenir les flux étrangers pour un quatrième mois consécutif, tandis que le real brésilien a nécessité une intervention de la banque centrale face au regain d’aversion au risque.

Le yuan, lui, a franchi une étape symbolique auprès des emprunteurs kazakhs, qui ont, pour la première fois cette année, levé davantage de yuans que de dollars.

Taux : la BCE frappe, la courbe se tord

«  Ben on a jamais essayé !!! » Un électeur un peu amnésique de l’AFD en Saxe-Anhalt 

La semaine restera comme l’une des plus agitées de l’année pour la courbe euro, avec trois régimes distincts.

Du lundi au mercredi, la remontée du Brent au-delà de 100 dollars, sur fond d’attaques américaines contre des pétroliers iraniens et de menace de Téhéran d’instaurer une nouvelle zone restreinte hors d’Ormuz, a progressivement tiré les taux vers le haut. Jeudi, la hausse de taux et le ton faucon de Lagarde ont provoqué le mouvement le plus violent sur la partie courte de la courbe depuis 2023 : le 2 ans allemand a bondi de 12 points de base à 3,19 %, son plus haut niveau en près de trois ans. Les swaps pricent désormais environ 76 points de base de resserrement supplémentaire d’ici juin 2027, soit l’équivalent de trois hausses de 25 points de base !!!

Côté périphérique, la France continue de payer sa crise budgétaire : le gouvernement a abaissé sa prévision de croissance pour 2026 à 0,5 % et abandonné son objectif de réduction du déficit, portant le spread OAT-Bund à 10 ans vers 94 points de base, son plus large niveau depuis la crise de la dette souveraine de 2012.

Aux États-Unis, le rendement du 10 ans a atteint jeudi son plus haut niveau depuis 2023, porté par un Brent au-dessus de 107 dollars, avant qu’un CPI plus chaud que prévu ne vienne, vendredi, cimenter à environ 90 % la probabilité d’une hausse de la Fed le 16 septembre… même si la majorité des économistes continuent de tabler sur un statu quo.

Ce grand écart entre le pricing de marché et le consensus des économistes promet une réunion sous haute tension, la conférence de presse de Kevin Warsh étant scrutée pour ses indications sur la trajectoire d’octobre.

Bonne semaine à tous.