Cross Asset : Records et gueule de bois !
Les données personnelles des contribuables sont désormais prélevées à la source… Ils ne peuvent pas se rendre utiles, les pirates, et au lieu de me voler mes données, annuler mes amendes et mes impôts ?
Le S&P 500 a inscrit un nouveau plus haut historique jeudi, avant de reculer vendredi sous l’effet de ventes au détail en baisse et d’un indice de confiance des consommateurs du Michigan décevant, dans un contexte marqué par la hausse de l’énergie et le repli de la technologie. Le Stoxx 600 termine proche de ses records, porté par la technologie et les logiciels européens, sur fond de rumeurs de rachat de Workday par Silver Lake. La saison des résultats du T2 continue d’impressionner, avec des publications globalement supérieures aux attentes, tandis que le Kospi coréen s’envole de 22 % en dix séances et que l’Ibovespa brésilien recule de plus de 4 % sur fond d’inquiétudes électorales.
Sur le crédit, l’iTraxx s’est resserré en première partie de semaine, accompagnant un marché du crédit primaire européen en nette reprise, porté notamment par une vague d’émissions de dette Tier 2 bancaire. Le rebond du pétrole et la correction obligataire de vendredi ont toutefois réintroduit de la volatilité sur les spreads en toute fin de période, sans remettre en cause la tendance haussière sur la semaine.
Le Brent a bondi après l’échec des négociations sur Ormuz, l’Iran ayant durci ses positions et attaqué deux pétroliers. Washington a déployé un porte-avions supplémentaire et évoqué un blocus naval « indéfini » contre l’Iran, renforçant les craintes que la fermeture du détroit puisse s’inscrire dans la durée.
L’or évolue autour de 4 320 dollars l’once vendredi, en repli d’environ 2 % par rapport aux sommets de la semaine précédente, dans un mouvement de prise de bénéfices après le rallye de 3 % déclenché par les payrolls.
Change : Le billet vert cède sur tous les fronts
Elle est censée partir au bout de combien de temps, la tâche, si on a regardé l’éclipse à l’œil nu ? La nuit, c’est quand même une éclipse solaire par la Terre… et on n’en fait pas toute une histoire.
Le dollar recule, touchant vendredi son plus bas niveau depuis le 29 mai, après le choc des ventes au détail. Les opérateurs ne pricent plus intégralement une hausse de la Fed d’ici à la fin de l’année, après les déceptions sur l’emploi et une inflation contenue, un doute persistant sur la crédibilité de la Fed sous Warsh venant s’ajouter à l’équation.
Le yen reste otage du « carry trade » malgré l’intervention conjointe historique de fin juillet. Les probabilités d’une hausse de la BoJ en septembre s’établissent à 74 %, soutenues par des articles de presse évoquant le soutien du gouvernement Takaichi.
L’euro profite largement de la faiblesse du dollar, alors que la hausse des taux américains continue de se dégonfler.
La livre sterling progresse modestement avant une semaine chargée en données britanniques, les marchés monétaires ne pricant que 27 points de base de resserrement de la BoE d’ici à la fin de l’année.
Côté émergents, le real brésilien signe la pire performance, cédant plus de 3 % sur la semaine et touchant son plus bas niveau depuis mars, l’angoisse électorale en vue du scrutin d’octobre provoquant des sorties de capitaux.
Le rand sud-africain s’impose comme le meilleur trade de portage du mois, avec 23,1 milliards de rands d’entrées obligataires étrangères en une semaine, soit la plus forte progression depuis janvier.
La roupie indienne reste stable grâce aux interventions répétées de la RBI, qui vend des dollars pour contenir un déficit commercial alourdi par le pétrole.
Le won coréen enchaîne une cinquième séance de hausse consécutive, porté par les ventes des exportateurs et l’envolée du Kospi, tandis que le peso philippin sous-performe ses pairs asiatiques après des propos moins agressifs du gouverneur de la banque centrale sur la lutte contre l’inflation.
Taux : Ormuz et Bunds !
J’ai mis mes lunettes d’éclipse dans un coffre-fort…en 2081 je suis riche !
Les rendements souverains européens ont vécu une semaine en trois actes : chute lundi sur l’échec pressenti d’un accord sur Ormuz, stabilisation mercredi et jeudi sur une inflation américaine conforme aux attentes, puis violente correction vendredi.
Le Bund à 30 ans a grimpé à 3,72 %, un plus haut de quinze ans, tandis que l’OAT à 10 ans a touché son plus haut niveau depuis 2009. Le spread OAT-Bund s’est élargi à 84 points de base, au plus large depuis octobre, dans un contexte marqué par l’absence d’acheteurs domestiques français. Les spreads vis-à-vis de l’Espagne et de l’Italie restent, eux, contenus.
La courbe de swaps euro a également connu trois régimes distincts au cours de la semaine : une pentification vendeuse lundi (les taux longs progressant plus rapidement que les taux courts) sur la remontée du pétrole ; un aplatissement acheteur mercredi et jeudi (les taux longs baissant plus rapidement que les taux courts), porté par des données américaines rassurantes ; puis une nouvelle pentification vendeuse vendredi, menée par le long terme, sur fond d’anticipations de hausse des taux de la BCE, désormais à 40 points de base d’ici à la fin de l’année.
Aux États-Unis, les rendements ont grimpé vendredi malgré des données macroéconomiques molles, portés par la remontée du pétrole. Dans le même temps, l’adjudication de 25 milliards de dollars à 30 ans a été placée au taux le plus élevé depuis 2001, un signal clair envoyé à Bessent sur le coût croissant du financement du déficit.
Bonne semaine à tous.






