Lettre Hebdo des marchés semaine 28: Cessez le feu aléatoire !

Cross Asset : Fin du cessez-le-feu

La FIFA annonce donc que pour la demi-finale France Espagne l’arbitre sera la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla ! 

La semaine restera surtout marquée par la poursuite de la rotation au sein de la thématique IA, entre déceptions ponctuelles et signaux structurels rassurants. Samsung, notamment, a beau afficher une multiplication par 19 de son résultat net, son titre a fortement chuté lundi faute d'avoir dépassé des attentes déjà particulièrement élevées.

Les Magnificent Seven continuent de sous-performer un marché plus large et davantage diversifié, Meta faisant figure d'exception notable. Le S&P 500 signe ainsi sa quatrième semaine de hausse sur les cinq dernières, tandis que le Stoxx Europe 600 met fin à une série de quatre semaines consécutives de progression, l'Europe étant plus directement exposée au risque géopolitique. La saison des résultats du deuxième trimestre débutera dès la semaine prochaine avec les banques américaines, dans un contexte où l'indice des prix à la consommation (CPI) américain, publié mardi, constituera le prochain grand rendez-vous des marchés.

Sur le crédit, l'iTraxx Crossover aura connu une semaine chahutée, entre un écartement de 8 pb mercredi lors du pic de tension et un resserrement de 5 pb jeudi, pour finalement clôturer en écartement net sur la semaine. Les segments Investment Grade et High Yield se resserrent pourtant, les spreads cash faisant preuve d'une résilience relative face à la remontée des taux souverains.

Le pétrole aura été l'actif le plus volatil de la semaine. Le Brent a bondi au-delà de 80 dollars mercredi après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu, avant de refluer à 76,2 dollars le baril vendredi à la faveur d'une reprise des discussions. Le gaz européen a suivi une trajectoire similaire. Quant à l'or, pris en étau entre les tensions géopolitiques et la remontée des taux réels américains, il termine la semaine quasiment stable autour de 4 112 dollars l'once, malgré des variations quotidiennes marquées.

Change : le dollar fait de la figuration

C’est vrai que je pose la question un peu tôt, mais vous faîtes prévu quoi vous pour les canicules de fin d’année?

L'euro termine la semaine quasiment stable face au dollar. Ce dernier recule légèrement, la remontée des anticipations de hausse des taux de la BCE étant compensée par le regain d'aversion au risque, qui soutient par ailleurs le billet vert.

 

Le yen aura été la véritable histoire de la semaine. La ministre des Finances, S. Katayama, a appelé vendredi les fonds de pension japonais à réallouer une part plus importante de leurs investissements vers les actifs domestiques. La devise a nettement surperformé ce jour-là, mais termine la semaine globalement stable, l'USD/JPY se maintenant au-dessus de 161 pendant la majeure partie de la période.

La livre sterling se maintient proche de ses plus hauts niveaux depuis cinq mois, peu perturbée par la démission de N. Farage de son mandat de député mardi.

Le dollar australien reste cantonné à sa fourchette habituelle, tandis que le dollar néo-zélandais signe la meilleure performance du G10, porté par une RBNZ plus restrictive qu'attendu mardi et par un PMI manufacturier à son plus haut niveau depuis cinq ans.

Du côté des devises émergentes, le yuan chinois affiche une stabilité de façade, mais recèle un signal structurel fort : la banque centrale (PBoC) a fixé son cours pivot sous le seuil de 6,80 pour la première fois depuis 2023.

Le won coréen reste l'une des devises les moins performantes, pénalisé par l'extrême volatilité du marché actions coréen (Kospi).

Le réal brésilien recule en dépit d'un CPI de juin nettement inférieur aux attentes, la faiblesse générale des devises émergentes, sur fond de tensions avec l'Iran, l'emportant sur ce signal désinflationniste pourtant favorable à la Banque centrale du Brésil.

La roupie indonésienne se distingue au contraire avec la meilleure performance parmi les devises émergentes de la semaine, malgré un contexte structurel dégradé marqué par une accélération des sorties de capitaux liée au tour de vis du président Prabowo à l'encontre des grandes fortunes locales.

Taux : La courbe des taux fait du surplace… à un niveau plus élevé

Avec cette chaleur, les gens qui ont une part d’ombre, merci de la partager ! 

Les taux souverains auront connu leur semaine la plus agitée depuis plusieurs mois, portés par la reprise des tensions au Moyen-Orient, avant de se détendre partiellement en fin de période.

Le Bund à 10 ans progresse d'environ 16 pb sur la semaine, passant de 2,91 % lundi à 3,07 % vendredi, après une série inédite de neuf séances consécutives de hausse jusqu'à mercredi. L'OAT à 10 ans suit une trajectoire comparable, le spread OAT-Bund culminant à 82,1 pb mercredi, son plus haut niveau depuis près de neuf mois, avant de se détendre légèrement en fin de semaine.

Aux États-Unis, le Treasury à 10 ans termine la semaine en hausse, dans des proportions variables selon les maturités de la courbe, un mouvement partiellement corrigé par le repli du pétrole jeudi et vendredi.

Sur la courbe des swaps euro, le mouvement hebdomadaire s'apparente à un déplacement quasi parallèle de 10 à 12 pb sur le segment 1-10 ans, le 30 ans progressant légèrement moins. Cette configuration traduit davantage un aplatissement de la partie longue de la courbe qu'une véritable pentification. Le spread 2 ans / 10 ans évolue peu sur la semaine, le marché ayant principalement intégré un choc parallèle lié au pétrole plutôt qu'une révision des anticipations de politique monétaire.

Bonne soirée à tous !