Lettre Hebdo des marchés semaine 27: Only one ?

Cross Asset : Semi-conducteurs en chute libre, indices en record

Quel gâchis : Tous ces cyclistes qui traversent la France sans livrer une seule pizza !

Le ralentissement de l'ISM manufacturier américain et la dégradation de la confiance des ménages confirment un momentum moins porteur outre-Atlantique, tandis que le taux de chômage de la zone euro illustre la résilience, certes relative, du marché du travail européen.

Les marchés actions terminent néanmoins la semaine en territoire globalement positif, mais la lecture sectorielle raconte une tout autre histoire que la performance des indices. Le Stoxx Europe 600 enregistre une quatrième semaine consécutive de hausse et inscrit un nouveau record vendredi, porté par les valeurs technologiques. Aux États-Unis, le S&P 500 progresse d'environ 1,8 % sur la semaine et le Dow Jones franchit un nouveau sommet au-dessus de 52 900 points jeudi, tandis que le Nasdaq termine quasiment inchangé, les secteurs de la communication et des financières prenant le relais de la technologie.

Cette rotation sectorielle a été alimentée par des rumeurs de diversification des approvisionnements en semi-conducteurs, provoquant une chute de près de 8 % du Kospi en milieu de semaine, avant un rebond vendredi sur fond de spéculations autour d'un contrat entre Samsung et Meta.

Sur le crédit, l'iTraxx Crossover reste globalement stable autour de 246-248 pb, mais cette stabilité masque une divergence notable : les indices de dérivés de crédit se resserrent légèrement, tandis que les spreads cash Investment Grade et High Yield poursuivent leur écartement.

Le Brent poursuit sa baisse entamée après l'accord américano-iranien, évoluant autour de 71-72 $/baril en fin de semaine. L'augmentation de la production de l'OPEP+ en juin et le retour des exportations saoudiennes à près de 90 % de leur niveau d'avant-guerre continuent de peser sur les cours.

À l'inverse, le gaz européen rebondit de plus de 5 % sur la semaine, les livraisons de GNL transitant par le détroit d'Ormuz restant contraintes malgré la normalisation des flux de pétrole brut.

Enfin, l'or enregistre sa meilleure performance hebdomadaire depuis le mois de mai, mettant fin à sept semaines consécutives de baisse. Le métal jaune bénéficie du repli des anticipations de resserrement monétaire de la Fed à la suite de la publication des chiffres de l'emploi.

Change : un dollar qui recule !

Envoie CANICULE au 81212 pour recevoir les températures les plus chaudes dans ta région.

Le dollar termine la semaine à son plus bas niveau depuis deux semaines, pénalisé par le rapport sur l'emploi publié jeudi et par le ton nettement plus conciliant de Kevin Warsh lors de son intervention à Sintra.

La livre sterling signe la meilleure performance du G10. Ce mouvement s'explique toutefois davantage par l'évolution des différentiels de taux que par une amélioration des fondamentaux domestiques, les marchés monétaires ayant revu à la baisse leurs anticipations de baisse des taux de la Banque d'Angleterre.

L'euro se reprend également, soutenu par la publication de l'inflation de la zone euro pour le mois de juin, ressortie à 2,8 % sur un an, contre 3,0 % attendu.

Le yen demeure la devise la plus surveillée de la semaine. Il s'inscrit en ligne pour sa meilleure performance hebdomadaire depuis deux mois, malgré une trajectoire très heurtée : l'USD/JPY a franchi le seuil historique de 162 avant de rechuter brutalement sous 161 vendredi, dans un marché peu liquide en l'absence des investisseurs américains. Le risque d'une intervention des autorités japonaises est resté au cœur des préoccupations tout au long de la semaine.

Le dollar australien profite du regain d'appétit pour le risque consécutif au rapport sur l'emploi américain et se maintient au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours. Il reste ainsi la devise du G10 la plus performante depuis le début de l'année.

Parmi les autres devises, la couronne suédoise figure également parmi les meilleures performances du G10, portée par des indices PMI manufacturier et des services en nette amélioration.

Le franc suisse bénéficie du repli du dollar, tandis que l'inflation de juin ralentit à +0,5 % sur un an, une première décélération en huit mois qui réduit la pression sur la Banque nationale suisse.

À l'inverse, le dollar canadien fait figure de lanterne rouge du G10, évoluant quasiment à l'équilibre sur la semaine. Les marchés restent attentifs à la révision de l'USMCA, officiellement lancée cette semaine, sur laquelle les États-Unis affichent pour l'instant peu d'empressement.

Du côté des devises émergentes, le rand sud-africain réalise la meilleure performance hebdomadaire, tandis que le peso colombien est soutenu par une hausse de taux surprise de la banque centrale. Le won coréen se raffermit vendredi grâce aux flux liés aux introductions en Bourse. Le yuan chinois demeure stable, soutenu par un fixing de la PBOC plus ferme qu'attendu, alors que plusieurs gestionnaires de réserves des pays émergents ont indiqué vouloir accroître leur exposition à la devise chinoise au cours des 12 à 24 prochains mois. Enfin, la roupie indienne enregistre sa plus mauvaise semaine depuis la mi-mai, pénalisée par une demande persistante de dollars et par un recul de 5,65 milliards de dollars des réserves de change.

Taux : Sintra divisé ?

Alerte info : La canicule n'épargne définitivement personne, Bernard Arnault aurait été placé en garde à vue après une altercation avec une personne âgée au Lidl de Bondoufle pour le dernier climatiseur Tronic 9000 BTU B1 disponible !

Les taux souverains américains et européens ont suivi des trajectoires quasi inverses sur la semaine, dessinant deux histoires bien distinctes.

Côté américain, le mouvement s'est joué en deux temps : d'abord une pression haussière modérée en tout début de semaine, puis un net retournement jeudi, le rapport sur l'emploi de juin s'avérant nettement inférieur aux attentes. Ce rapport mitigé mais globalement rassurant sur le front inflationniste a provoqué un net rally du 2 ans américain, tandis que le 10 ans, plus sensible aux thématiques de long terme, terminait quasi inchangé, accentuant mécaniquement la pentification de la courbe. Les swaps n'intègrent désormais plus qu'une probabilité de resserrement Fed nettement réduite, autour de 34 pb sur les cinq prochaines réunions contre 47 pb la semaine précédente.

En zone euro, la tendance a été inverse et remarquablement linéaire, les taux souverains progressant quasiment sans discontinuer sur la semaine malgré des surprises désinflationnistes à répétition. Ces publications n'ont pas suffi à endiguer la remontée des rendements, les investisseurs restant focalisés sur les craintes fiscales allemandes après l'annonce d'une baisse d'impôts de 10 Mds€ pour les ménages à revenus faibles et moyens, ainsi que sur un forum de Sintra aux prises de parole nettement divisées. Au global sur la semaine, le Bund 10 ans est passé de 2,857% lundi à environ 2,90-2,93% vendredi (+7/+8 pb) et l'OAT 10 ans de 3,64% à environ 3,70-3,71% (+6/+8 pb), le spread OAT/Bund s'écartant légèrement vers 80-81 pb, un plus haut de neuf mois. Le spread BTP/Bund a suivi une trajectoire comparable, remontant jusqu'à 76,5 pb en milieu de semaine avant de se stabiliser : cette tendance à l'écartement des spreads souverains périphériques, qui contraste avec le resserrement du crédit corporate, est davantage attribuée à une moindre demande extérieure pour la dette souveraine de la zone euro qu'à une dégradation fondamentale.

Sur la courbe swap, la semaine a été marquée par une pentification prononcée et quasi continue. Ce mouvement traduit deux forces concurrentes : un rally du court terme porté par le repricing baissier des anticipations BCE, et une remontée du long terme liée aux craintes d'offre budgétaire et à la prime de risque fiscal outre-Rhin.

Bonne semaine à tous.