Cross Asset : deux marchés dans un
Fascinante, ce nouveau format de Coupe du Monde : après deux ans de phase de poules et un duel acharné dans le groupe Z entre le Vatican, le Puy-de-Dôme sud et L’aéroport de Roissy, le vrai spectacle peut enfin commencer avec seulement 225 matchs éliminatoires avant la finale !
Le Stoxx Europe 600 termine la semaine à l'équilibre, une performance en trompe-l'œil qui masque une forte dispersion sectorielle. Les indices PMI de juin ont confirmé la fragilité de l'activité dans la zone euro. Dans ce contexte, les propos rassurants de Christine Lagarde ont conforté une rotation vers les secteurs les plus exposés à la demande intérieure. L'agroalimentaire, la consommation de base, le tourisme et les loisirs ainsi que les services aux collectivités ont bénéficié de la détente des taux réels, tandis que l'énergie et la technologie ont sous-performé.
Outre-Atlantique, le S&P 500 recule de 1,6 % sur la semaine, tandis que le Nasdaq abandonne 4,1 %. Les chiffres d'inflation PCE de mai confirment la résilience de l'économie américaine tout en alimentant l'espoir que le pic d'inflation soit désormais passé, ce qui a conduit à une détente des anticipations de resserrement monétaire de la Fed. Les résultats de Micron, largement supérieurs aux attentes et accompagnés de perspectives relevées au-delà du consensus, ont temporairement rassuré les investisseurs sur la dynamique de l'intelligence artificielle. Toutefois, les annonces de hausses de prix d'Apple et de Microsoft ont ravivé les inquiétudes concernant des pressions inflationnistes plus durables.
Sur le marché du crédit, l'iTraxx Crossover évolue dans un corridor étroit, traduisant une aversion au risque globalement contenue. Les spreads High Yield s'écartent de 5 pb, tandis que ceux de l'Investment Grade n'augmentent que de 0,5 pb. Les financières font figure d'exception, avec un léger resserrement de leurs spreads.
Le Brent chute de 10,3 % sur la semaine, à 72,3 $/baril, repassant dès mercredi sous ses niveaux d'avant le conflit. Cette baisse s'explique par la normalisation du trafic dans le détroit d'Ormuz, l'octroi d'une licence de 60 jours permettant certaines exportations iraniennes, ainsi que les rumeurs d'un possible retrait de l'Irak de l'OPEP. Dans ce contexte, le gaz européen (TTF) recule plus modestement, la demande liée à la vague de chaleur qui touche l'Europe limitant le repli des prix.
Enfin, l'or a subi de plein fouet les répercussions de la « semaine Warsh », pénalisé par la remontée des taux réels américains et du dollar, ainsi que par le regain de craintes d'un maintien prolongé de taux élevés par la Fed. Le métal précieux termine ainsi la semaine en territoire négatif.
Change : Warsh fait le ménage
« Ok Google, comment faire pour déménager en Antarctique ? » Moi
La détente géopolitique aurait pu alléger la demande de dollar en tant que valeur refuge. C'est pourtant l'inverse qui s'est produit : le premier meeting de Kevin Warsh a été interprété comme plus « hawkish » (favorable aux hausses de taux) que prévu par les cambistes, soutenant le billet vert.
L'euro termine ainsi la semaine sous pression, autour de 1,138-1,140 dollar, sans véritable tendance directionnelle. Par ailleurs, les déclarations de Scott Bessent, appelant à imposer le dollar comme devise de règlement des ventes de pétrole iranien, alimentent le discours de l'administration Trump en faveur d'un ralentissement de la dédollarisation des échanges internationaux.
Le yen reste dans une position délicate, la paire USD/JPY évoluant autour de 161-162, une zone où les risques d'intervention du ministère japonais des Finances demeurent élevés.
La livre sterling recule légèrement sous 1,32 dollar, pénalisée par l'incertitude politique ouverte par la démission de Keir Starmer lundi. Andy Burnham apparaît comme le successeur le plus probable, tandis que les marchés attendent les premières orientations budgétaires du futur gouvernement.
Le dollar australien reste sous pression sous le seuil de 0,69 dollar, proche de ses plus bas depuis début avril, les chiffres d'inflation de mai ayant envoyé des signaux contrastés quant à la trajectoire future de la politique monétaire.
Le dollar néo-zélandais évolue dans le même sillage, autour de 0,56-0,57 dollar, en l'absence de catalyseur domestique majeur.
Du côté des devises émergentes, le yuan reste sous étroite surveillance dans un contexte de recul de 8 % des importations chinoises de pétrole brut en juin et de poursuite du repli des valeurs technologiques, qui pèse sur l'ensemble des marchés asiatiques.
Le peso mexicain évolue avec prudence après que Banxico a maintenu son taux directeur à 6,50 %, conformément aux attentes, tout en procédant à une légère révision à la hausse de ses prévisions d'inflation.
Enfin, le won sud-coréen bénéficie du maintien du plafonnement des prix des services publics décidé par le gouvernement de Séoul, une mesure qui contribue à contenir l'inflation domestique malgré les difficultés persistantes du secteur technologique coréen.
Taux : Lagarde apaise, Warsh ancre
Samedi c'est le départ du tour de France et évidemment qu'Armstrong se dopait...difficile d'être un énorme cycliste, d'avoir marché sur la lune et de jouer magnifiquement de la trompette sans prendre des trucs !!
n zone euro, le rendement du Bund à 10 ans recule de 10 pb sur la semaine, passant de 2,95 % lundi à 2,85 % vendredi. L'OAT 10 ans termine autour de 3,62 %, le spread OAT/Bund restant stable autour de 76 pb. Les déclarations de Christine Lagarde en début de semaine – soulignant l'absence de désancrage des anticipations d'inflation, l'absence d'effets de second tour et la volonté de conserver une approche « réunion par réunion » – ont conforté l'idée d'une BCE qui n'a pas besoin de durcir davantage sa politique monétaire à ce stade. Les marchés n'anticipent désormais plus qu'une seule hausse de 25 pb d'ici la fin de l'année, contre près de 40 pb intégrés une semaine plus tôt. Sur le marché des swaps en euros, la courbe s'est nettement aplatie sous l'effet de cette révision des anticipations.
Outre-Atlantique, le mouvement est encore plus marqué. Le rendement du Treasury à 10 ans recule de 14 pb sur la semaine, de 4,50 % à 4,36 %, tandis que le 2 ans perd 11 pb, de 4,21 % à 4,10 %. Cette détente reflète à la fois le repli des prix du pétrole et la réévaluation par les marchés du positionnement de Kevin Warsh, désormais perçu comme plus indépendant de l'administration Trump, après les craintes suscitées lors de sa nomination au début de l'année. Enfin, les chiffres d'inflation PCE de mai confortent l'hypothèse d'un pic d'inflation déjà atteint. Les anticipations de resserrement monétaire de la Fed se sont ainsi repliées à 35 pb de hausses de taux cumulées d'ici juillet 2027, contre 45 pb attendus la semaine précédente.
Bonne semaine à tous






