Lettre Hebdo des marchés semaine 25: Manque juste un stylo pour la paix au Moyen-Orient ?

Cross Asset : Rotation en marche !

«  Moi je ne suis pas hyper hyper fan de ce concept de fête des pères » Œdipe

L'annonce, dimanche soir dernier, d'un accord entre les États-Unis et l'Iran a déclenché un rally généralisé dès lundi, le Stoxx Europe 600 progressant jusqu'à un nouveau record historique mercredi.

La rotation sectorielle constitue le véritable thème de fond en Europe : les banques, la construction et la consommation discrétionnaire surperforment, portées par la détente géopolitique et la baisse des prix de l'énergie. À l'inverse, le secteur automobile reste sous pression de manière plus structurelle. L'énergie recule également, mais résiste mieux qu'attendu (environ -4 % sur la semaine), les investisseurs continuant d'intégrer une prime de risque résiduelle.

Aux États-Unis, la communication « hawkish » de Warsh mercredi a ramené le S&P 500 et le Nasdaq en territoire plus mitigé sur l'ensemble de la période.

L'iTraxx Crossover évolue autour de 251 pb, proche de ses niveaux d'avant-conflit. Cela limite le potentiel de resserrement supplémentaire, mais le rendement offert demeure historiquement élevé, soutenant ainsi l'attractivité de la classe d'actifs.

Le Brent a perdu plus de 10 % sur la semaine, franchissant à la baisse le seuil technique clé des 82 $/baril dès mardi, avant de terminer autour de 79-80 $/baril. Le gaz européen TTF a suivi la même trajectoire avant de rebondir vendredi, sous l'effet de la vague de chaleur en Europe et de ses conséquences sur la production nucléaire française.

L'or a subi une double peine (hausse anticipée des taux réels et reflux de l'appétit pour les valeurs refuges) cédant environ 3,5 % depuis la réunion de la banque centrale américaine pour terminer autour de 4 150 $ l'once.

 

Change : Dollar en embuscade.

Toute la France est occupé par la canicule....même la bretagne :ne sortez pas de chez vous entre 9h et le 29 septembre 

La semaine illustre la tension entre deux forces opposées : d'un côté, la détente géopolitique, qui devrait favoriser l'euro et le yen à moyen terme ; de l'autre, le virage hawkish de la Fed, qui soutient le dollar à court terme. 

L'EUR/USD a ainsi reculé de 1,160 en début de semaine à 1,147 vendredi, le changement de ton de Warsh ayant conduit les marchés à intégrer presque intégralement une hausse de 25 pb des taux américains dès octobre.

Le dollar contre Yen a progressé vers 161,50, défiant les interventions verbales répétées du ministère japonais des Finances. La Banque du Japon (BoJ) a relevé ses taux de 25 pb à 1,00 %, conformément aux attentes, avec un seul vote dissident. Toutefois, la conférence de presse de Shinichi Uchida n'a pas apporté un soutien suffisant au yen.

La livre sterling est sous pression après que la Banque d'Angleterre (BoE) a maintenu ses taux inchangés, tandis que l'inflation de mai est ressortie en dessous des attentes. La victoire écrasante d'Andy Burnham lors d'une élection partielle ouvre par ailleurs la voie à une possible contestation interne du leadership de Keir Starmer, alimentant les inquiétudes quant à la trajectoire budgétaire britannique.

Le dollar australien est resté stable alors que la Banque de réserve d'Australie (RBA) a maintenu son taux directeur à 4,35 % à l'unanimité, tout en conservant un discours résolument dépendant des données économiques.

Le dollar néo-zélandais a légèrement surperformé à la suite d'un rebond surprise du PIB au premier trimestre.

Du côté des devises émergentes, on notera la solidité relative du yuan malgré des statistiques chinoises décevantes pour le mois de mai.

Le réal brésilien demeure la devise émergente majeure la plus performante depuis le début de l'année, soutenu par l'exposition de l'économie brésilienne aux matières premières énergétiques, malgré la troisième baisse consécutive de 25 pb des taux directeurs par la Banque centrale du Brésil.

La roupie indonésienne (IDR) reste sous surveillance après deux relèvements agressifs des taux par Bank Indonesia, dont une hausse de 50 pb en mai. L'institution poursuit parallèlement ses interventions sur le marché des changes afin d'enrayer la faiblesse de la devise.

Enfin, le peso philippin continue de subir d'importantes pressions inflationnistes, la banque centrale ayant relevé son taux directeur à 4,75 % pour la deuxième réunion consécutive.

Taux : une Fed hawkish 

Génial pour la fête de la musique il y a David Guetta qui mixe dans ma rue….Ah non désolé  c'est juste un camion qui recule !

L'annonce de l'accord entre les États-Unis et l'Iran a déclenché un puissant rally obligataire des deux côtés de l'Atlantique en début de semaine, particulièrement sur les échéances courtes : -5 pb sur le Bund à 2 ans et -5 pb sur le Treasury américain à 2 ans dès lundi.

Mais la Réserve fédérale américaine (Fed) a changé la donne mercredi : statu quo unanime sur les Fed Funds à 3,50 %-3,75 %, disparition du biais accommodant et, surtout, publication d'un dot plot plus restrictif, avec 9 des 18 membres anticipant au moins une hausse de taux en 2026. Par ailleurs, Kevin Warsh, récemment nommé à la présidence de la Fed en remplacement de Jerome Powell, n'a pas soumis ses propres projections, alimentant l'incertitude des marchés.

Le taux américain à 2 ans a ainsi bondi de 10 pb après la réunion de la Fed, effaçant l'intégralité du rally observé en début de semaine. Le rendement du Treasury à 10 ans termine néanmoins autour de 4,48 %, quasiment inchangé sur l'ensemble de la période.

En zone euro, la dynamique a été similaire : le Bund à 10 ans clôture à 2,98 % et l'OAT française à 3,74 %, avec un spread OAT/Bund stable autour de 74-75 pb. Sur la courbe des swaps en euros, la forte pentification observée lundi a progressivement laissé place à un mouvement d'aplatissement sous l'effet du choc Fed.

Les déclarations de Christine Lagarde et de Martins Kazāks ont rappelé que la Banque centrale européenne (BCE) restait vigilante face aux effets de second tour de l'inflation énergétique. L'inflation sous-jacente de la zone euro pour le mois de mai a d'ailleurs été révisée à la hausse à 2,6 % (contre une première estimation de 2,5 %), confortant cette posture.

Philip Lane a indiqué que le taux neutre se situait autour de 2,5 %, suggérant qu'un éventuel nouveau relèvement des taux de la BCE ne constituerait pas encore un frein significatif à l'activité économique. Les marchés de swaps intègrent désormais près de 30 pb de resserrement monétaire supplémentaire.

Enfin, la remontée des taux longs britanniques en fin de semaine rappelle que la contrainte budgétaire demeure un facteur structurel de résistance à la baisse des rendements souverains…..Un signal qui mérite également toute l'attention des investisseurs en zone euro.

Bonne semaine à tous.