Cross Asset : Entre deux feux
Le fameux « Tiens, si on se donnait rendez-vous dans dix ans » de la fin de Place des Grands Hommes vient manifestement de prendre une tout autre dimension pour Patrick !
Les marchés actions ont navigué toute la semaine au rythme des déclarations contradictoires sur l'Iran, oscillant entre poussées d'inquiétude et regains d'optimisme, sans jamais trouver de tendance franche. Les indices européens ont terminé en nette progression, soutenus à la fois par les espoirs géopolitiques de fin de semaine et par la dynamique structurelle de l’IA.
Aux États-Unis, après un début de semaine en repli, le NASDAQ a nettement rebondi, porté par les résultats de Nvidia publiés mercredi soir, qui ont largement dépassé les attentes et confirmé la vigueur de la thématique de l’intelligence artificielle. Les indices américains restent toutefois à des niveaux qui laissent peu de place à la déception sur le plan géopolitique, tout en continuant de valoriser fortement la robustesse de la thématique IA et la résilience de la croissance américaine.
Du côté des marchés émergents, le Kospi coréen et le TAIEX taïwanais ont tous deux bénéficié de la dynamique positive des semi-conducteurs.
Sur le crédit, l’iTraxx Crossover a évolué dans une fourchette étroite, reflétant l’ambivalence générale des marchés : écartement en début de semaine lors des phases de risk-off, puis resserrement progressif pour terminer autour des niveaux observés lundi dernier. La baisse des taux souverains sur l’ensemble de la semaine a toutefois soutenu la performance en total return.
Le Brent a encore occupé le centre du jeu tout au long de la semaine. Il a oscillé au gré des headlines avant de terminer vendredi autour de 103 $/baril. Ce mouvement reflète avant tout l’espoir d’une réouverture du détroit d’Ormuz, conforté par des signaux concrets : le trafic dans le détroit est remonté à environ 54 navires la semaine dernière, contre 25 la semaine précédente. On reste encore loin de la norme d’environ 140 navires par jour, mais la tendance va dans la bonne direction. Le gaz européen (TTF) a suivi une dynamique similaire.
L’or a profité du climat d’incertitude pour progresser, aidé par la baisse des taux souverains. Le cuivre, sensible à la fois aux craintes sur le cycle mondial et à la thématique IA (matière première clé pour les infrastructures numériques) a également progressé.
Change : Dollar toujours en embuscade
Avec ces températures, j’en suis réduit à mettre des glaçons dans la machine à laver pour réussir un programme à 30 degrés…Vous vous souvenez quand il y avait encore quatre saisons ? Avec un Automne… et même un Printemps ?
Le dollar a globalement progressé sur la semaine, porté par la résilience de la croissance américaine et le maintien de taux longs élevés. Les minutes du FOMC ont confirmé le pivot de la Fed vers un biais plus neutre, avec une majorité de membres indiquant qu’un nouveau resserrement pourrait redevenir approprié si l’inflation persistait au-dessus de 2 %.
L’euro a glissé sous 1,16 en cours de semaine avant de se stabiliser. Les données PMI très décevantes en zone euro ont alimenté les craintes de stagflation et limité le potentiel haussier de la monnaie unique.
La livre sterling a évolué dans une fourchette étroite, les investisseurs digérant des signaux contrastés : une inflation britannique meilleure qu’attendu, mais un marché du travail nettement dégradé.
Le yen s’est maintenu juste sous 159, les interventions verbales répétées des autorités japonaises ayant contenu la hausse sous le seuil symbolique de 160. La croissance japonaise a surpris à la hausse, même si les données d’inflation ont légèrement tempéré l’optimisme du marché.
Le dollar australien a connu une semaine difficile, pénalisé par des chiffres de l’emploi australien très décevants en avril, des minutes de la RBA laissant entrevoir une pause probable, ainsi que par des PMI faibles.
Du côté des devises émergentes, la roupie indonésienne (IDR) a bénéficié d’une hausse surprise de 50 pb des taux par Bank Indonesia.
Le won coréen (KRW) a subi la pression liée au repli du Kospi en début de semaine avant de se stabiliser grâce au rebond des marchés actions et à l’accord salarial conclu chez Samsung, qui a permis d’éviter une grève.
Le peso mexicain (MXN) a évolué au rythme du sentiment de risque global, les minutes de Banxico signalant que le cycle de baisse des taux était désormais terminé.
La lire turque (TRY) a subi une double pression : la suspension par la justice du principal parti d’opposition, combinée aux interventions de la banque centrale (CBRT) pour soutenir la devise, a provoqué une nette hausse des coûts de financement.
Taux :Stagflation en zone euro…pentification aux États-Unis
La pentecôte c'est quel morceau du boeuf déja ?
La semaine a été marquée par une forte volatilité des taux souverains, avec des mouvements de grande amplitude au gré des développements géopolitiques. En bilan hebdomadaire, les taux européens ont finalement nettement reculé, un mouvement amplifié en milieu de semaine par la publication de PMI particulièrement faibles.
Les spreads souverains en zone euro ont légèrement évolué dans le bon sens : le spread OAT/Bund est resté autour de 61-63 pb, tandis que le BTP/Bund a évolué dans une fourchette de 73-75 pb.
Concernant la BCE, les opérateurs anticipent désormais environ 70-75 pb de hausses de taux d’ici la fin de l’année, avec une probabilité de 86 % d’une hausse de 25 pb dès juin. Plusieurs membres du Conseil des gouverneurs ont explicitement validé ce scénario, mais dans un contexte de stagflation naissante, les hausses ultérieures apparaissent plus incertaines.
La courbe des swaps euro a connu des mouvements significatifs et non linéaires au cours de la semaine, au gré des déclarations de Donald Trump et des anticipations de resserrement à court terme, avant de finalement suivre, assez logiquement, le mouvement de repli des taux souverains.
Les taux américains ont également reculé sur la semaine, après avoir atteint un pic intermédiaire en milieu de semaine. Le taux américain à 30 ans a ainsi frôlé les 5,20 % mardi, un niveau inédit depuis près de vingt ans, avant de se détendre. Du côté de la Fed, les minutes de la dernière réunion ont confirmé le pivot vers un biais neutre, avec un seuil de resserrement désormais explicitement conditionné à une inflation durablement supérieure à 2 %. Les marchés futures intègrent environ 70 % de probabilité d’un relèvement supplémentaire d’ici fin 2026.
Au Royaume-Uni, le Gilt à 10 ans a progressé malgré des données sur l’emploi dégradées. Concernant la BoE, les anticipations de hausses de taux ont fortement reculé au cours de la semaine, passant d’environ 75 pb à près de 57 pb cumulés sur douze mois, sous l’effet de la désinflation surprise observée en avril et de la détérioration du marché du travail.
Bonne semaine à tous






