Lettre Hebdo des marchés semaine 20: Rien au menu !

CROSS ASSET : Ormuz tient l'économie en otage

Dire qu'il aurait peut-être il aurait juste suffi de dérouter le navire de croisière "MV Hondius", vers le détroit d'Ormuz pour débloquer la situation !!

Les indices actions ont affiché une résistance remarquable, portés par un narratif autour de l’IA qui continue de faire office de parachute. Les bourses américaines ont enchaîné de nouveaux records en début de semaine avant de décrocher brutalement vendredi, lorsqu’il est devenu évident que le sommet Trump–Xi n’avait débouché sur aucune avancée concrète sur le front iranien.

En Europe, les indices restent globalement à leurs niveaux du début mai, incapables de transformer l’espoir en véritable tendance. L’automobile, la construction, l’industrie et les banques sous-performent en fin de semaine. Seule la tech tire son épingle du jeu jusqu’au bout, même si les prises de bénéfices commencent à apparaître. La publication des résultats trimestriels de NVIDIA le 20 mai constituera le prochain test de vérité.

En Asie, la tonalité est globalement orientée à la baisse en fin de semaine, avec des replis marqués du Nikkei, de Hong Kong et de Shanghai. Les avertissements de Xi Jinping sur Taïwan, combinés au recul des valeurs technologiques, ont pesé sur les marchés chinois.

Le crédit résiste mieux que les actions. L’iTraxx Crossover a oscillé entre 277 et 285 pb au cours de la semaine, avant de terminer légèrement écarté, mais loin d’un repricing violent.

Le pétrole reste la variable centrale de la semaine. Le Brent progresse de plus de 10 % en cinq jours, passant de 103,8 $/baril lundi à 109,6 $/baril vendredi, au gré des tensions diplomatiques. Le gaz européen TTF suit la même dynamique, avec une hausse de plus de 9 % sur la semaine.

Le cuivre, après avoir flirté avec les 14 000 $/tonne, recule de près de 5 % vendredi. L’or recule également de 2,6 %, à 4 530 $/once, sous l’effet de la remontée des taux réels américains et du dollar.

CHANGE : Le dollar reprend du galon

Alors, on dit le ou la hantavirus ? Enfin, pas de raison de paniquer tant qu’il y a moins de cas que de candidats à la présidentielle de 2027.

Le billet vert enchaîne cinq séances consécutives de hausse. Le « macro-environnement » plaide clairement en faveur d’un maintien des taux de la Fed à des niveaux élevés plus longtemps : inflation plus forte qu’attendu, marché du travail résilient et consommation solide. Un contexte structurellement favorable au dollar.

L’euro a ouvert la semaine autour de 1,178 $, soutenu par sa dynamique de fond, avant de reculer progressivement à mesure que le dollar reprenait de la vigueur. L’élargissement des différentiels de taux à court terme entre les États-Unis et l’Europe a finalement pesé sur la monnaie unique.

La livre sterling est la grande perdante de la semaine. La crise politique britannique a dominé les débats : après les lourdes défaites travaillistes aux élections locales du 7 mai, les appels à la démission de Keir Starmer se sont multipliés. La perspective d’un leadership travailliste plus orienté à gauche alimente les craintes de dérapage budgétaire et pèse structurellement sur la devise.

Le yen reprend de l’altitude. Le ministère japonais des Finances et le Trésor américain ont confirmé une coordination active, sans toutefois évoquer explicitement une intervention sur le marché des changes. Le marché des swaps continue d’intégrer environ 75 % de probabilité d’une hausse de 25 pb de la BoJ en juin, ce qui limite la baisse du yen, sans empêcher la progression du dollar.

La couronne norvégienne surperforme ses homologues du G10, logiquement soutenue par la hausse du pétrole.

Le dollar australien recule en fin de semaine, dans le sillage du mouvement global de risk-off et du repli des matières premières. Les données sur les anticipations d’inflation néo-zélandaises ont offert un bref soutien régional en milieu de semaine, sans toutefois inverser la tendance.

Le yuan a surperformé sur la semaine dans le sillage du sommet sino-américain. Xi Jinping a annoncé une ouverture accrue de l’économie chinoise, ce qui soutient structurellement la devise. L’internationalisation progressive du yuan reste néanmoins une thèse de long terme.

Le peso mexicain recule face au dollar, mais la tendance baissière observée depuis début avril reste intacte.

Le peso péruvien demeure stable, la banque centrale péruvienne (BCRP) ayant maintenu son taux directeur à 4,25 % pour la huitième réunion consécutive.

 

TAUX : Les banques centrales jouent leur crédibilité

 « En bande organisée, personne peut nous canaliser… les juges et les lois ça me fait pas peur… les portes du pénitencier… » Découvrez la playlist de Nicolas S. 

Aux États-Unis, le rendement du 10 ans américain a franchi les 4,5 % pour la première fois depuis juin 2025 vendredi, clôturant autour de 4,58 %, tandis que le 2 ans remonte à 4,00 %. Le principal catalyseur reste l’inflation, portée par l’énergie et les services, à son plus haut niveau depuis 2022. Le marché intègre désormais majoritairement une hausse des taux de la Fed d’ici janvier 2027, avec près de 35 pb de resserrement supplémentaires anticipés sur les douze prochains mois.

En Europe, les Bunds ont suivi une trajectoire haussière similaire. Le 10 ans allemand progresse de 13 pb sur la semaine. L’OAT évolue en parallèle, avec un spread OAT/Bund oscillant autour de 62-63 pb, relativement stable malgré l’environnement. Le spread BTP/Bund se resserre légèrement, signe d’une performance relative favorable de la dette souveraine italienne.

Sur la courbe des swaps euro, le segment 10/30 ans se resserre nettement sur la semaine, tandis que le 2/10 ans conserve une pente légèrement positive. Cette configuration traduit une courbe globalement plate sur le segment court-moyen terme, avec une légère convexité à l’entrée de la partie longue.

Les anticipations de hausse de la BCE ont progressé tout au long de la semaine, portées par les déclarations de plusieurs membres de la banque centrale convergeant vers la nécessité d’un resserrement dès juin si la situation énergétique ne s’améliore pas. Le marché price désormais trois hausses de taux de la BCE d’ici fin 2026, contre deux encore vendredi dernier.

La semaine a été cauchemardesque pour la dette souveraine britannique. Le rendement du 10 ans atteint 5,17 % vendredi, son plus haut niveau depuis 2008. La combinaison du choc énergétique et de l’incertitude politique ( notamment le risque d’un gouvernement travailliste plus dépensier ) ravive le souvenir du traumatisme Liz Truss de 2022.

Au Japon, le rendement du 30 ans a touché 4 % pour la première fois depuis son lancement en 1999. Les rumeurs de mesures de soutien budgétaire du gouvernement face au choc énergétique alimentent une prime de terme plus élevée.

Bonne semaine à tous