CROSS ASSET : L'IA trébuche.
Le 1er mai, j’ai réussi à trouver un boulanger à qui j’ai demandé s’il lui restait des traditions. Il m’a répondu : « Y a plus de traditions, y a plus de valeurs, y a plus rien. »
Les indices ont affiché une résistance remarquable face à un cocktail hostile : hausse quasi ininterrompue du Brent, remontée des taux souverains à leur plus haut du mois, et des incertitudes géopolitiques persistantes.
L'Europe a légèrement surperformé les États-Unis grâce au rebond de jeudi, déclenché par les signaux accommodants de la BCE. Le S&P 500 termine sensiblement stable, porté par la résilience de l'économie américaine mais freiné par les publications mitigées des hyperscalers (Meta, Microsoft et Amazon ont déçu). La thématique IA reste sous pression additionnelle après les révélations sur les difficultés commerciales d'OpenAI Le secteur financier a tenu le haut du pavé des deux côtés de l'Atlantique, porté mécaniquement par la dynamique haussière des taux. Les marchés asiatiques ont clôturé un mois d'avril en territoire positif, entre fermetures liées à la Golden Week et prise de bénéfices.
Coté crédit, les indices CDS reflètent une nervosité croissante que le marché peine encore à traduire pleinement. Les spreads Investment Grade sont restés stables (avec une dispersion qui est resté faible) , tandis que le High Yield a poursuivi son rattrapage après sa sous-performance initiale post-déclenchement du conflit.
Le pétrole a dominé la semaine (+12%) sur fond de blocage d’Ormuz. Le fait marquant reste la sortie des Émirats arabes unis de l’OPEP, symbole d’un cartel affaibli et de tensions internes croissantes, à la veille de la réunion de dimanche. Le gaz européen TTF progresse lui aussi.
L'or recule, pénalisé par la montée des taux réels et la reprise partielle d'appétit pour le risque.
CHANGE : Dollar en recul
Ah le changement climatique : en France , en mai, fait ce qu’il te plait …. avec un Kway alors qu’en inde , Il fait une météo à acheter en viager !
L'euro a connu une semaine en deux temps : une érosion progressive sous la pression de la hausse des taux américains, puis un rebond à partir de jeudi après le ton plus mesuré qu'attendu de la BCE et une tendance haussière contrainte par la persistance des prix élevés du pétrole, défavorable à la balance commerciale européenne.
Le yen a été le protagoniste principal de la semaine sur le marché des changes. Après s'être affaibli jusqu'à 160,73, le yen a rebondi brutalement de près de 2% jeudi suite à ce qui s'apparente à une intervention directe de la Banque du Japon sur le marché.. Le vote partagé au sein du conseil de la BoJ (qui a maintenu ses taux inchangés) laisse entrevoir une hausse dès juin.
La livre sterling a évolué dans une fourchette étroite : La BoE a maintenu ses taux, avec un seul dissident. Le gouverneur Bailey a adopté un ton prudent, reconnaissant que la hausse des taux longs a déjà durci les conditions financières, et évoquant explicitement la possibilité de baisses rapides en cas de normalisation énergétique.
Le dollar australien a souffert en début de semaine d'une inflation sous-jacente légèrement inférieure aux attentes, avant de se reprendre grâce à des PMI chinois solides et aux anticipations d'une hausse de taux de la RBA.
Le dollar néo-zélandais a sous-performé en début de semaine, sans catalyseur domestique notable, avant de se stabiliser en fin de période dans le sillage du dollar australien.
Le peso mexicain a affiché une relative stabilité malgré la volatilité des matières premières. Les anticipations d'une baisse de 25 pb de Banxico constituent un facteur de pression sur le peso à moyen terme.
Le Yuan chinois a légèrement progressé sur la semaine, , traduisant une gestion maîtrisée du taux de change dans un contexte de marchés partiellement fermés pour le 1er mai.
TAUX: les banques centrales jouent les modérateurs
Une très bonne fête à tous les travail en tout cas …même si c'est bien étrange comme prénom !
La semaine a été marquée par une tension marquée, suivie d'une détente significative jeudi après les communications de la Fed, de la BCE et de la BoE. Sur la semaine, le Bund 10 ans a progressé de l'ordre de 8 à 10 pb dans ses points hauts avant de revenir vers 3,03%, et le Treasury 10 ans a frôlé 4,40% avant de refluer à 4,37%.
En zone euro , le Bund 10 ans termine la semaine à 3,03%dans une semaine à forte volatilité induite par les réunions de banques centrales et les nouvelles géopolitiques. La séquence confirme la domination du facteur pétrole-inflation dans le pricing des taux européens, avec un rebond significatif des anticipations de hausses BCE : le marché intègre désormais 73 pb de resserrement d'ici décembre vs 58 pb en fin de semaine précédente. Le spread OAT/Bund se stabilisant autour de 65 pb alors que le BTP/Bund s’est légèrement écarté à 79 pb.
La courbe swap euro a d’abord connu une « pentification », avant de fortement s’aplatir sous l’effet du repricing de la BCE et de flux receveurs sur le long terme. Elle s’est partiellement stabilisée en fin de semaine.
Aux États-Unis, le 30 ans s'est approché des 5% en cours de semaine. La réunion de la Fed a confirmé le biais « hawkish » de l'institution, avec trois membres votants dissidents souhaitant supprimer toute mention d'un biais accommodant dans le communiqué. Les anticipations de baisse de taux, encore présentes début avril, ont pratiquement disparu : le marché n'intègre plus aucune baisse d'ici fin 2027, et commence à pricer une hausse au premier semestre 2027. Jerome Powell a confirmé sa volonté de siéger au Conseil des gouverneurs après la fin de son mandat à la présidence (attendu le 15 mai).
Bonne semaine à tous






