CROSS ASSET : Fissures, craquellements ?
Fuite de données : Rappelez-moi, le S dans ANTS, c'est pour quoi déjà ?
La semaine s'est ouverte sur une note plutôt optimiste, avant que l'enchaînement des volte-face diplomatiques ne finisse par peser. Le Stoxx Europe 600 a concédé environ 2 % sur la semaine, pendant que le S&P 500 a mieux résisté, n'abandonnant qu'une fraction de ses gains récents et signant même de nouveaux records en clôture mercredi, porté par la thématique intelligence artificielle.
L'écart de performance transatlantique s'est donc de nouveau creusé : en cumulé depuis fin février, le S&P 500 affiche environ +3,5 % pendant que le Stoxx Europe 600 recule d'environ 3 %. L'Europe reste pénalisée par son exposition plus directe au choc énergétique et aux révisions à la baisse de la croissance allemande et française. Les publications d'entreprises ont également déçu à plusieurs reprises, entraînant des corrections sectorielles sévères sur l'industrie, la santé, le tourisme et les loisirs. Côté américain, la saison des résultats est au contraire un catalyseur nettement positif : plus de 80 % des entreprises ayant publié ont battu le consensus.
Sur le crédit, l'Investment Grade a terminé la semaine légèrement écarté par rapport aux niveaux du vendredi précédent, malgré une dynamique constructive en début de semaine. Le High Yield, mesuré via l'iTraxx Crossover, s'est écarté d'environ 10 points de base, reflétant une aversion au risque plus prononcée que dans les actions.
Sur les matières premières, le pétrole a dominé tous les débats. Le Brent a évolué entre 95 et 104 dollars le baril, oscillant au gré des annonces diplomatiques et des tensions dans le détroit d'Ormuz.
L'or a reculé d'environ 2 % sur la semaine, les anticipations de banques centrales plus restrictives pesant sur le métal précieux, pendant que le gaz européen progressait d'environ 8 %, accentuant les pressions sur les marges industrielles et énergétiques.
CHANGE :Dollar en embuscade !
Avec le temps un jour, le Futuroscope deviendra le Présentoscope… puis le Passéoscope qui sera le rival direct du Puy du Fou : ça sera le début d’une guerre que personne n’attend.
Le dollar a globalement progressé sur la semaine, soutenu en milieu de parcours par des ventes au détail américaines de mars nettement supérieures aux attentes et par le ton de Kevin Warsh lors de son audition au Sénat, qui a tempéré les espoirs de baisses rapides. En fin de semaine, le billet vert s'est légèrement replié sur fond d'abandon des poursuites contre Jerome Powell et d'espoirs de reprise des négociations Iran/États-Unis.
L'euro a évolué dans une fourchette serrée, sous pression en raison des craintes de dégradation de la balance commerciale européenne et des révisions à la baisse de la croissance en Allemagne et en France. La livre sterling a oscillé dans une fourchette tout aussi étroite, prise en étau entre une inflation britannique plus forte qu'attendue en mars et des PMI surprenant à la hausse en avril, qui ont renforcé les paris sur un durcissement de la Banque d'Angleterre — des pressions politiques sur Keir Starmer ayant par ailleurs pesé ponctuellement sur la devise.
Le yen japonais a continué de se déprécier, la hausse des prix du pétrole, la remontée des rendements américains et l'anticipation d'un statu quo de la Banque du Japon freinant simplement la baisse sans renverser la tendance. Le dollar australien a perdu du terrain dans le sillage des matières premières, pendant que le dollar néo-zélandais s'imposait comme la meilleure performance de la semaine, porté par une inflation du premier trimestre nettement supérieure aux attentes incitant les marchés à pricer davantage de resserrement de la RBNZ.
Du côté des marchés émergents, les fortunes ont été diverses. La roupie indonésienne a flirté avec des niveaux records, la Banque d'Indonésie maintenant ses taux pour la septième réunion consécutive à 4,75 % dans un souci de stabilité de la devise.
Le peso philippin a approché ses plus hauts historiques malgré une hausse surprise de 25 points de base de la banque centrale.
Le dollar taïwanais a bénéficié de solides exportations de semi-conducteurs, en hausse de 66 % sur un an.
Le peso mexicain s'est consolidé, soutenu par une inflation légèrement plus persistante que prévu qui ralentira le rythme des baisses de Banxico.
Enfin, La roupie indienne a quant à elle profité d'un assouplissement par la Banque de Réserve de l'Inde de ses restrictions sur les positions ouvertes en devises.
TAUX : Courbe sous pression !
Bonne fête du travail : May the first be with You
Les marchés de taux ont été dominés par un « repricing » significatif des anticipations de politique monétaire, sous l'effet combiné du choc énergétique et de données macroéconomiques contrastées. Les taux souverains américains et européens se sont inscrits en hausse sur la semaine, reflet de craintes inflationnistes ravivées par la persistance des tensions autour du détroit d'Ormuz.
En Allemagne, le Bund 10 ans a clôturé la semaine autour de 2,99 %, en hausse de plusieurs points de base par rapport au vendredi précédent. Les spreads périphériques se sont légèrement écartés : l'OAT/Bund a terminé autour de 65 points de base, pénalisé par les inquiétudes liées à la révision à la baisse des prévisions de croissance françaises, et le BTP/Bund autour de 78 points de base.
La courbe des swaps euro a connu un bull flattening progressif et persistant tout au long de la semaine, le segment 2/10 ans se comprimant de 37 à 29 points de base. Ce mouvement reflète une remontée concentrée sur la partie courte, portée par le repricing des anticipations de banques centrales, tandis que la partie longue reste ancrée par la demande de rendement absolu.
Sur les anticipations de politique monétaire, le marché continue de pricer environ deux hausses de 25 points de base du taux de dépôt de la BCE en 2026, avec une probabilité d'environ 85 % pour un premier mouvement dès juin. La BCE avance face à un choc d'offre négatif susceptible d'alimenter simultanément l'inflation et de peser sur l'activité …soit la configuration la plus inconfortable pour une banque centrale.
Outre-Atlantique, le taux américain à 10 ans a terminé la semaine autour de 4,31 %. L'audition de Kevin Warsh (futur président de la Fed ) a constitué un facteur de pression haussière en milieu de semaine : sa posture d'indépendance affirmée, son opposition à la forward guidance et sa détermination à combattre une inflation durablement trop élevée ont refroidi les espoirs d'assouplissement rapide. En fin de semaine, l'abandon des poursuites du département de la justice contre Jerome Powell a légèrement détendu les marchés, les taux US n'intégrant qu'environ 50 % de probabilité d'une baisse de 25 points de base d'ici décembre 2026.
Au Royaume-Uni, les gilts ont subi une pression notable, les PMI d'avril et une inflation persistante poussant les swaps à « pricer » environ 60 points de base de resserrement de la Banque d'Angleterre d'ici fin 2026, contre 24 points de base seulement en début de semaine.
Bonne semaine à tous






