CROSS ASSET: Euphorie sous surveillance
Formidable victoire de D.Trump, qui après 40 jours de guerre, obtient la réouverture du détroit d’Ormuz… qui était déjà ouvert avant le conflit !
La semaine a été entièrement pilotée par le dossier iranien. Avant l’ultimatum de Trump (mardi, 20h), les marchés évoluaient dans une prudence calculée, intégrant une prime implicite au scénario « TACO » (“Trump Always Chickens Out”). L’annonce du cessez-le-feu dans la nuit de mardi à mercredi a déclenché un rallye synchronisé et brutal. Le tourisme, les banques et l’industrie ont mené la hausse en Europe. Dès jeudi, la fragilité de l’accord (frappes israéliennes au Liban, détroit d’Ormuz quasi bloqué, enrichissement d’uranium revendiqué par Téhéran ) a effacé une partie de ces gains. Les indices européens terminent néanmoins à seulement -3 % de leur niveau pré-conflit du 27 février.
Sur le crédit, l’iTraxx Crossover (Indice CDS européen sur des émetteurs High Yield) a grimpé à 338 pb mardi avant de se détendre à 299 pb mercredi. Sur la semaine, les spreads se resserrent d’environ 6 pb sur l’ Investment Grade et 19 pb sur le High Yield, avec une surperformance du secteur automobile dans les deux segments.
Le Petrole a oscillé entre 90 et 116 dollars le baril, pour terminer autour de 97 dollars. La décision de l’OPEP+ d’augmenter la production de 206 000 b/j à partir de mai est restée largement sans effet, le cartel reconnaissant lui-même des capacités très limitées.
Le gaz Européen recule de 20 % depuis le cessez-le-feu, et de 30 % depuis son pic du 19 mars.
Enfin, l’or profite de la baisse des taux réels américains et de la faiblesse du dollar pour s’établir autour de 4 750–4 770 dollars l’once, en hausse sur la semaine.
CHANGE :Dollar fragile
Grace à la mission Artémis on sait que sur la face cachée de la Lune, on n'a pas retrouvé mes chaussettes dépareillées, mes couvercles de Tupperware, ni Xavier Dupont de Ligonnès.
Le dollar enregistre sa pire semaine depuis fin janvier : déficit fiscal, crédibilité commerciale et sécuritaire entamée, ainsi que politisation de la Fed se sont pleinement exprimés.
La paire EUR/USD a testé les 1,17 dans le sillage du cessez-le-feu mercredi, avant de consolider une cinquantaine de points plus bas, reflétant les incertitudes persistantes. La réouverture progressive du détroit d’Ormuz et une inflation allemande conforme aux attentes confortent le scénario de hausses de la BCE en juin et septembre.
La livre sterling a évolué dans une fourchette étroite de 1,3411–1,3443, soutenue par l’optimisme autour des discussions de paix.
Le yen japonais oscille dans un couloir de 158–159, avec une légère tendance haussière de l’USD. La probabilité d’un relèvement de la BoJ lors de la réunion du 28 avril est désormais estimée à 60 %.
Le dollar australien est soutenu par l’amélioration du sentiment de risque global, même si le mouvement reste tributaire du dollar et de l’évolution des discussions américano-iraniennes.
Le kiwi (dollar néo-zélandais) a rebondi après les commentaires « hawkish » de la gouverneure de la RBNZ, qui s’est dite prête à répondre à une accélération de l’inflation sous-jacente par des hausses de taux.
La couronne suédoise est sous pression après un CPI de mars très inférieur aux attentes : le marché monétaire price encore près de deux hausses, désormais difficiles à justifier.
La couronne norvégienne résiste bien. L’inflation norvégienne conforte le biais hawkish de la Norges Bank, qui a signalé une probabilité de hausse « lors d’une prochaine réunion ».
Le dollar canadien se maintient : la Banque du Canada conserve une marge de manœuvre grâce à une inflation favorable, lui permettant de ne pas répondre immédiatement au choc pétrolier par un resserrement.
Le niveau du yuan chinois reflète une gestion active de la PBoC. Les données d’inflation de mars montrent une reflation modeste.
Enfin, le won coréen sous-performe l’ensemble des devises majeures, en ligne avec le rebond du brut. La BoK a maintenu son taux à 2,50 % pour la septième réunion consécutive (décision unanime), tout en soulignant une incertitude très élevée sur la trajectoire future de l’inflation.
TAUX : La BCE prise en étau
Le marathon de paris, c'est pas logique ! : c'est censé être une épreuve d'endurance mais c'est toujours la personne qui court le moins longtemps qui gagne…Bravo à tous les marathoniens !
Les taux souverains européens ont connu une semaine particulièrement volatile, en véritable « accordéon ». Le Bund 10 ans a atteint 3,08 % mardi, avant de chuter à 2,90 % mercredi, puis de remonter à 3,05 % vendredi. Même dynamique pour l’OAT et le BTP. Les spreads périphériques ont amplifié ces mouvements : le spread OAT/Bund est revenu vers 65–67 pb en fin de semaine, tandis que le BTP/Bund s’est établi autour de 77–79 pb.
La courbe swap euro a évolué en deux temps. En début de semaine, un aplatissement marqué sous l’effet des tensions géopolitiques. L’annonce du cessez-le-feu a ensuite provoqué une pentification brutale mercredi. En fin de semaine, la partie longue se stabilise, tandis que le milieu de courbe ( 5 ans) continue de s’écarter.
Le repricing des anticipations de la BCE a été particulièrement marqué : de 70 pb de hausses attendues lundi à 82 pb mardi, avant un repli à 49 pb mercredi, puis un rebond à 64 pb vendredi. Les interventions des membres de la BCE sont restées cohérentes : l’institution se tient prête à agir si le choc énergétique se diffuse durablement aux prix et aux salaires.
Aux États-Unis, le 10 ans termine à 4,32 % et le 2 ans à 3,80 %. Le PCE de février est conforme aux attentes, tandis que le CPI de mars ressort à +3,3 %, avec une composante énergie en forte hausse (+10,9 %). Le marché n’anticipe désormais qu’une seule baisse de 25 pb d’ici fin 2026 — les anticipations plus agressives observées récemment apparaissant prématurées.
Enfin, la révision à la baisse du PIB américain du T4 2025, à +0,5 % en rythme annualisé (contre +1,4 % initialement), constitue un signal de ralentissement conjoncturel à surveiller, dans un environnement d’inflation toujours élevée.
Bonne semaine à tous






