CROSS ASSET : Espoirs fragiles !
-Ça y est je les ai enterrés dans le jardin!
-Ah et pourquoi les œufs de Pâques sont sur la table ? Et où sont les enfants ?
- Heuuuuu, je reviens!
La semaine a été marquée par une alternance entre rallyes d’espoir et retours à la réalité. En début de période, les actions ont progressé, portées par un mouvement de débouclage de positions short devenues excessives, avant que le discours de Donald Trump mercredi soir ne douche les espoirs : intensification des frappes, menaces sur les infrastructures électriques iraniennes et absence de concession sur le détroit d’Ormuz.
Sur la semaine, la surperformance européenne reste notable (+2,9 % pour le STOXX Europe 600) par rapport à un S&P 500 plus hésitant. Néanmoins, les deux indices demeurent significativement en deçà de leurs niveaux d’avant-conflit.
Du côté du crédit, l’iTraxx Crossover ( principal indice du risque de défaut des émetteurs spéculatifs ) a connu l’un de ses mouvements hebdomadaires les plus marquants depuis le début du conflit, avec un resserrement de 35 pb. Les spreads Investment Grade et High Yield ont suivi une dynamique similaire.
L’ombre du crédit privé continue néanmoins de planer : après Ares Management et Apollo Global Management la semaine précédente, c’est Blue Owl Capital qui a activé sa limite de retrait à 5 % pour deux de ses fonds.
Le Brent ( prix du pétrole brut de la mer du Nord ) a incarné toutes les contradictions de la semaine, clôturant autour de 108–110 $/b, soit proche de son niveau de début de période. La volatilité intrajournalière est restée extrême, avec des écarts supérieurs à 10 $/b lors de la seule séance de jeudi, entre le pic et les niveaux observés après l’annonce d’un protocole Iran–Oman sur le détroit.
Le prix du gaz naturel en Europe a, pour sa part, reculé, sans pour autant effacer les niveaux élevés accumulés depuis le début du conflit.
L’or a retrouvé son statut de valeur refuge au moment même où les espoirs de désescalade semblaient les plus crédibles, et clôture la semaine autour de 4 617 $.
CHANGE : Le dollar cherche sa direction !
Vu le prix des places, apparemment Celine Dion a prévu de passer par le Detroit d’Ormuz pour venir faire son concert à Paris !!!
Le dollar a traversé une semaine sans tendance claire, oscillant au gré des déclarations de Donald Trump et des espoirs de désescalade.
L’euro a évolué dans une fourchette de 1,146 à 1,162, terminant la semaine autour de 1,153. L’inflation en zone euro pour le mois de mars, ressortie à 2,5 % (inférieure aux attentes), a contribué à maintenir les anticipations de politique monétaire dans une fourchette raisonnable.
La livre sterling (GBP) a souffert en fin de semaine après que le gouverneur de la Bank of England, Andrew Bailey, a explicitement tempéré les anticipations de hausse de taux, estimant que les marchés allaient trop vite.
Le yen (JPY) est resté sous haute surveillance, le ministre des Finances Shunichi Suzuki renforçant ses avertissements verbaux jeudi, en dénonçant l’activité spéculative sur les marchés des changes et du pétrole.
Le dollar australien (AUD) a souffert tout au long de la semaine, la devise australienne étant pénalisée par l’aversion au risque et les tensions sur les prix de l’énergie. À l’inverse, le dollar néo-zélandais (NZD) a évolué sans grande conviction, dans l’attente de signaux plus clairs sur la trajectoire de la Reserve Bank of New Zealand.
Du côté des devises émergentes, le won coréen (KRW) a subi des pressions notables, les autorités sud-coréennes annonçant « toutes les mesures possibles » en cas de prolongation du conflit.
La roupie indonésienne (IDR) a testé le seuil des 17 000 contre dollar, reflétant la forte dépendance de l’économie locale aux importations pétrolières.
Enfin, le yuan offshore (CNH) a bénéficié d’un signal clair de la volonté de Pékin de contenir la dépréciation et les sorties de capitaux.
TAUX: Une courbe qui ne sait plus où donner de la tête
Tu sais que tu es vieux quand tu as vu l’Italie jouer une coupe du monde de foot !
La tendance de fond de la semaine a été orientée vers un recul des taux longs en zone euro, porté par la combinaison d’anticipations de Banque centrale européenne revues à la baisse et d’espoirs de désescalade.
Le Bund allemand à 10 ans termine la semaine autour de 3,00 %, tandis que l’OAT 10 ans bénéficie d’une inflation française de mars légèrement inférieure aux attentes (+1,7 %). Les spreads périphériques se sont sensiblement resserrés sur la semaine, reflétant le retour partiel de l’appétit pour le risque sur les actifs européens.
Après une semaine précédente marquée par des mouvements alternés, la semaine écoulée a vu s’imposer plus clairement une dynamique de pentification de la courbe. Celle-ci a été portée à la fois par la baisse des taux courts — liée au recalibrage des anticipations de politique monétaire — et par des flux acheteurs sur la partie longue. Cette dernière continue de refléter les incertitudes sur la persistance du choc inflationniste ainsi que les ajustements tactiques de positionnement sur les maturités longues.
Sur la partie courte, le segment 2 ans a été le théâtre d’une détente progressive et significative, soutenue par des communications de banquiers centraux délibérément plus prudentes. Les anticipations de marché ont reculé de 78 pb à 63 pb de hausses de la Banque centrale européenne intégrées d’ici fin 2026, tandis que la probabilité d’un mouvement dès avril est retombée à 50 %.
Côté américain, Jerome Powell a confirmé lundi que la Federal Reserve était « bien positionnée pour attendre et observer », considérant que les chocs d’offre énergétiques échappent à son contrôle et que les droits de douane ne génèrent qu’une hausse ponctuelle des prix. Le marché a intégré cette posture : les anticipations sont passées d’une légère probabilité de hausse à environ -7 pb attendus à horizon fin 2026.
Enfin, le rapport sur l’emploi publié vendredi, nettement supérieur aux attentes, n’a pas fondamentalement modifié le scénario d’une Fed engagée dans une pause prolongée.
Bonne semaine à tous






