CROSS ASSET : Sous tension
Le changement d'heure a été inventé par les humains, laissons les micro-ondes et les réveils en dehors de ça ...par contre vous avez remarqué que Trump n’a attaqué aucun pays entre 2 et 3 heures du matin dimanche .
Cette semaine, sur les marchés actions, chaque amorce de désescalade diplomatique a déclenché des « rallies » mécaniques, immédiatement effacés dès que Téhéran opposait une fin de non-recevoir aux propositions américaines.
Les actions européennes clôturent la semaine en repli (de l’ordre de -10 % depuis le début du conflit), à l’instar des marchés américains, avec une sous-performance notable du Nasdaq (valeurs technologiques). Les rotations sectorielles traduisent clairement le positionnement des investisseurs : l’énergie résiste, les télécoms surperforment, tandis que les ressources de base, le tourisme, les banques et la technologie concentrent l’essentiel des flux vendeurs.
En fin de semaine, l’annonce du développement par Anthropic d’un nouveau modèle aux performances record a accentué la pression sur le secteur technologique des deux côtés de l’Atlantique. À noter également la baisse de Meta et Alphabet, dans un contexte de condamnations liées à leur responsabilité concernant les effets néfastes des réseaux sociaux.
Sur le crédit, l’iTraxx Crossover (indice de crédit high yield en Europe) illustre parfaitement les mouvements erratiques de la semaine : parti de 345 pb lundi, il est descendu sous les 330 pb mercredi dans l’euphorie liée au plan de paix américain, avant de clôturer à 364 pb. La rapidité de la remontée des taux rend le crédit visuellement attractif en rendement absolu, tout en masquant une dégradation sous-jacente du risque.
Du côté du crédit privé, les annonces de restrictions sur les retraits chez Ares et Apollo ont ravivé les inquiétudes sur ce segment, pesant notamment sur le secteur bancaire.
Le Brent a concentré toute la volatilité de la semaine pour terminer vendredi au-dessus de 113 $. Le seuil de 120 $/baril, identifié comme un niveau d’inconfort majeur pour l’administration Trump, continue de jouer son rôle de plafond psychologique.
L’or, paradoxalement, suit une trajectoire atypique : alors qu’il devrait s’apprécier en période de crise, il a corrigé d’environ 20 % depuis début mars. Ce mouvement s’explique par des ventes forcées liées aux appels de marge sur d’autres classes d’actifs, ainsi que par la hausse des taux réels américains.
Enfin, le gaz naturel européen (TTF), moins médiatisé, reste une variable d’ajustement clé : en hausse de 65 % depuis le 27 février, il continue de peser fortement sur la balance commerciale de la zone euro.
CHANGE : Le dollar, refuge malgré lui !
« Je préfère être clair , le nuisible qui bloque toute l’économie mondiale, ce n’est pas moi cette fois ». Le pangolin
Le dollar a tenu son rôle de valeur refuge tout au long de la semaine, porté par les différentiels de taux et les besoins de financement en dollar en période de stress.
L’euro a évolué dans une fourchette de 1,151 à 1,161, pénalisé en partie par les anticipations de dégradation de la balance commerciale européenne liées à la flambée des prix du gaz. Les déclarations de Christine Lagarde, prudentes et conditionnelles, ont modéré les anticipations de hausses de taux de la BCE intégrées dans les swaps… sans toutefois inverser durablement la tendance.
La livre sterling a été freinée par un contexte macroéconomique dégradé : inflation persistante, ventes de détail en baisse et confiance des ménages en berne. La courbe des swaps britanniques intègre plus de 75 pb de hausse sur douze mois.
Le yen s’est maintenu juste sous 160. La ministre des Finances a multiplié les avertissements verbaux, déclenchant de la volatilité sur la devise. Une hausse de 25 pb à 1,00 % lors de la réunion de la BoJ du 28 avril reste le scénario central.
Le dollar australien a souffert sur la semaine : une inflation de février légèrement inférieure aux attentes a limité les anticipations de hausse de la banque centrale (RBA), sans pour autant les effacer.
Le dollar néo-zélandais a évolué sur la défensive : la gouverneure de la banque centrale (RBNZ) a confirmé que l’institution scruterait les données d’inflation pour calibrer sa réponse, avec environ 65 à 70 pb de hausses intégrés par les marchés monétaires.
La couronne norvégienne a, quant à elle, nettement surperformé après que la banque centrale (Norges Bank) a laissé ses taux inchangés à 4,00 %, tout en conservant un biais restrictif.
Le peso mexicain (MXN) a été affecté par la décision surprise de la banque centrale (Banxico) de réduire ses taux de 25 pb, justifiée par les risques baissiers sur la croissance liés au contexte géopolitique.
Enfin, le yuan chinois reste étroitement administré par Pékin.
TAUX: Une courbe qui raconte une guerre
Ironie de l'Histoire, Lionel Jospin disparaît au deuxième tour d'une élection…RIP Mister Jospin
La semaine a parfaitement illustré la corrélation étroite entre l’actualité géopolitique et les mouvements de taux. Les taux longs ont atteint des sommets pluriannuels : le Bund 10 ans terminait vendredi autour de 3,08 %, tandis que l’OAT se situait à 3,83 %, un plus haut depuis 2009.
Sur la semaine, la hausse des taux longs en zone euro s’est révélée plus marquée qu’outre-Atlantique, reflet de la dépendance énergétique européenne et de l’exposition plus immédiate de l’économie au choc pétrolier et gazier. Les spreads périphériques ont connu des oscillations significatives : le spread OAT/Bund (écart entre les taux 10 ans français et allemands) s’est stabilisé autour de 70 pb en fin de semaine, tandis que le BTP/Bund (écart entre les taux italiens et allemands) clôture à 92 pb.
Le pivot des communications des banquiers centraux a constitué l’autre fil conducteur de la semaine. Si les taux longs ont fluctué au gré des espoirs diplomatiques, la partie courte de la courbe a répondu à une logique distincte, celle des anticipations de politique monétaire. Côté BCE, les marchés monétaires intègrent désormais jusqu’à 75 pb de hausses, à la suite des commentaires de plusieurs membres de l’institution.
La semaine a également été marquée par une succession de régimes sur la courbe des swaps euro : un steepening généralisé en début de période, suivi d’une inversion marquée sous l’effet des anticipations de resserrement monétaire (jusqu’à trois hausses de la BCE), avant un retour de la pression sur la partie longue. Ce mouvement s’inscrit dans le sillage d’une pentification de la courbe américaine de plus de 10 pb, traduisant une prime de terme en hausse sur les maturités longues.
Le 10 ans américain a évolué dans une fourchette comprise entre 4,33 % mercredi et 4,43 %. Les investisseurs exigent une compensation accrue face à l’incertitude entourant l’ampleur et la persistance de l’impact inflationniste du conflit, ainsi que ses implications pour les finances publiques.
Du côté de la Réserve fédérale, le discours reste conditionnel : les responsables évoquent la possibilité de nouvelles hausses en cas de résurgence inflationniste, tout en laissant la porte ouverte à des baisses en cas de modération. Les swaps américains intègrent désormais environ 13 pb de hausse d’ici octobre, considéré comme le point haut du cycle de resserrement pour 2026.
Bonne semaine à tous






