Lettre Hebdo des marchés semaine 11: «Place aux Avengers»

Cross Asset :Le choc énergétique

Le vrai gagnant de ces élections municipales c'est quand même définitivement le fabricant des enveloppes ! 

La dynamique dominante de la semaine a été celle d’un choc énergétique exogène influençant l’ensemble des actifs financiers, avec une forte volatilité des prix du pétrole et du gaz liée aux tensions géopolitiques autour du détroit d’Ormuz.

Le Brent a évolué dans une fourchette extrêmement large, passant brièvement au-dessus de 120 dollars avant de se stabiliser autour de 100 dollars en fin de semaine. Cette amplitude exceptionnelle reflète l’incertitude entourant la sécurité du detroit d’Ormuz.

L’annonce par l’Agence internationale de l’énergie de la mobilisation potentielle de 400 millions de barils de réserves stratégiques a a paine contribué à contenir les tensions.

Dans ce contexte, les marchés actions ont globalement évolué sous pression. Les indices européens ont enregistré une correction d’environ 6 % depuis le début du conflit, le CAC 40 reculant davantage que l’indice américain S&P 500, ce qui reflète la plus forte sensibilité de l’économie européenne aux chocs énergétiques.

La semaine a également été marquée par une rotation sectorielle particulièrement nette. Les secteurs directement exposés à la hausse des matières premières ont surperformé. À l’inverse, les secteurs cycliques et fortement consommateurs d’énergie ont été pénalisés. L’automobile, l’industrie et les valeurs liées à la consommation discrétionnaire ont enregistré les replis les plus marqués. Le secteur immobilier a également souffert, pris en étau entre la remontée des taux et la perspective d’un environnement monétaire moins accommodant.

Enfin les valeurs technologiques ont fait preuve d’une résilience relative, soutenues par la dynamique structurelle toujours solide liée à l’IA. 

Sur le marché du crédit, la détérioration du sentiment de marché s’est traduite par un élargissement progressif des spreads. L’indice iTraxx Crossover, baromètre du risque sur les émetteurs les plus spéculatifs en Europe, s’est progressivement écarté pour atteindre plus de 300 points de base, son niveau le plus élevé depuis la mi-2025.

Du côté des matières premières, la volatilité a été extrême. Le pétrole a concentré l’essentiel des tensions, mais le gaz européen TTF est également resté élevé, oscillant autour de 50 à 60 €/MWh. Parallèlement, l’or a enregistré des mouvements haussiers, bénéficiant de son statut d’actif refuge dans un environnement dominé par l’incertitude géopolitique.

Change : Le dollar reprend son rôle !

Pendant le Covid, on a tous fait notre propre pain, du coup est ce que quelqu'un aurait un lien pour un tuto pour faire sa propre essence sans plomb !

Sur le marché des changes, la semaine a été dominée par un retour progressif vers le dollar américain, soutenu par la montée de l’aversion au risque et par le rôle central de la devise américaine dans le financement du système financier international.

 

Le dollar a enregistré une progression modérée mais régulière sur la semaine, les investisseurs recherchant des actifs liquides dans un contexte géopolitique incertain.

L’euro a été l’une des principales devises pénalisées par cette dynamique. La parité EUR/USD est revenue autour de 1,14, son niveau le plus faible depuis l’été 2025. Cette faiblesse reflète à la fois la hausse des prix de l’énergie (particulièrement pénalisante pour une économie fortement importatrice d’hydrocarbures) et une série de données macroéconomiques décevantes, notamment une contraction inattendue de la production industrielle.

La livre sterling a également reculé face au dollar, évoluant autour de 1,32-1,33, pénalisée par la stagnation de l’activité économique britannique et par la publication de statistiques inférieures aux attentes.

Le yen japonais s’est déprécié de manière significative face au billet vert, reflétant  la persistance d’écarts de taux élevés entre les États-Unis et le Japon, malgré les pressions croissantes exercées par les autorités japonaises qui n’excluent pas d’intervenir sur le marché des changes.

Les devises cycliques ont affiché des performances contrastées. Le dollar australien a initialement bénéficié d’anticipations de resserrement monétaire par la banque centrale australienne avant d’effacer une partie de ses gains dans un contexte de volatilité accrue.

La couronne norvégienne est restée étroitement corrélée à l’évolution des prix du pétrole, profitant ponctuellement des phases de hausse du brut.

Du côté des devises émergentes, la situation est restée relativement stable malgré la volatilité globale. Le yuan offshore s’est légèrement apprécié grâce à la solidité des données commerciales chinoises, tandis que le peso mexicain a enregistré une dépréciation face au dollar dans un contexte de demande globale pour la devise américaine.

Taux : Fortes tensions sur la courbe des swaps

Moi le vendredi 13 m'a toujours porté chance, j'ai systématiquement été en week-end juste après.

Les marchés obligataires ont été particulièrement sensibles à la volatilité des prix de l’énergie et à la révision rapide des anticipations d’inflation.

En zone euro, les rendements souverains ont globalement progressé au cours de la semaine. Le taux du Bund allemand à dix ans s’est rapproché de 3 %, tandis que les spreads souverains au sein de la zone euro ont légèrement augmenté. L’écart entre l’OAT française et le Bund allemand s’est installé dans une zone comprise entre 60 et 66 points de base, traduisant une perception accrue du risque dans les pays périphériques.

La dynamique la plus marquante s’est toutefois observée sur le marché des swaps en euros, où la courbe a connu des mouvements extrêmement volatils.

Le segment 10 ans / 30 ans, indicateur clé de la pente longue de la courbe, a connu des fluctuations spectaculaires. Sur la partie courte de la courbe, les mouvements ont été encore plus marqués. Les rendements à deux ans ont fortement fluctué, illustrant l’ajustement rapide des anticipations de politique monétaire.

Ces mouvements traduisent un arbitrage complexe entre anticipations de hausse des taux à court terme (qui compriment la partie longue relative) et craintes de stagflation à long terme, qui tendent à réaplatir l'ensemble de la structure.

Les marchés monétaires ont en effet sensiblement révisé leurs anticipations concernant la Banque centrale européenne. Alors qu’ils anticipaient encore récemment un cycle d’assouplissement, ils intègrent désormais la possibilité d’un resserrement monétaire supplémentaire si le choc énergétique devait alimenter durablement l’inflation.

Aux États-Unis, les rendements ont également progressé, le Treasury à dix ans se rapprochant de 4,30 %. Cette évolution reflète à la fois les inquiétudes concernant le coût budgétaire du conflit et la révision à la hausse des anticipations d’inflation liées à la hausse du prix de l’essence. Dans ce contexte, les marchés ont fortement réduit leurs anticipations de baisse de taux de la Réserve fédérale, les contrats futures n’intégrant désormais moins d’une baisse de taux d’ici fin 2026.

Bonne semaine à tous