Lettre Hebdo des marchés semaine 08: Upper Cut

Cross Asset : Rotations, tensions géopolitiques et Cours suprême

Les manchots des îles Heard et McDonald peuvent se targuer d’un lobbying redoutablement efficace, qui a du manifestement pesé dans la décision de la Cour suprême américaine !

Sur les actions, aux États-Unis, la prudence a dominé autour des thématiques technologiques et de l’IA. Le Nasdaq-100 a accusé un léger recul, pénalisé par les inquiétudes concernant la rentabilité des investissements massifs dans l’intelligence artificielle, tandis que les autres indices ont mieux résisté. La décision de la Cour suprême américaine invalidant partiellement les droits de douane instaurés par D. Trump a toutefois soutenu la fin de semaine.

En Europe, les indices ont retrouvé des couleurs après des débuts hésitants. Les banques et les valeurs défensives ont d’abord bénéficié d’une rotation tactique, avant que les valeurs exportatrices et le secteur du luxe ne prennent le relais en fin de semaine, propulsant notamment le CAC 40 vers un nouveau record historique. Les tensions géopolitiques persistantes autour de l’Iran et du détroit d’Ormuz ont soutenu les valeurs énergétiques et industrielles, tandis que les publications d’entreprises ont eu un impact plus mitigé, freinant certains secteurs comme les services aux collectivités et la technologie.

Sur le crédit, les spreads « high yield » (les risques les plus élevés) ont montré une certaine sensibilité aux inquiétudes liées à l’IA et aux publications économiques, s’élargissant temporairement avant de se resserrer en fin de semaine, tandis que le segment Investment Grade est resté globalement plus stable.

Les matières premières ont été fortement influencées par les tensions géopolitiques et la demande de valeur refuge. Le Brent a oscillé entre 67 et 72 $/baril, pénalisé par des annonces diplomatiques partielles mais soutenu par les risques persistants liés à l’Iran.

L’or a fluctué dans une fourchette comprise entre 4 880 et 5 000 $/once, soutenu par les dynamiques de dédollarisation et la volatilité des rendements réels.

Le gaz européen a également enregistré une nette hausse, reflétant la prime de risque géopolitique.

Change : Prudence 

Pas de bovins ni de volailles au Salon de l’Agriculture cette année… Ce salon était pourtant historiquement une belle occasion pour les parisiens de découvrir qu’il existe d’autres cochons que ceux croisés dans le métro, et d’autres poules que celles des boulevards.

L’euro est resté stable face au dollar, évoluant autour de 1,177, avec de faibles variations malgré l’aversion au risque et l’attention soutenue portée aux indicateurs américains.

Le dollar a conservé une assise solide face aux devises du G10, soutenu par les minutes du FOMC et des publications économiques contrastées, avec un biais légèrement hawkish.

La livre sterling a pâti de données macroéconomiques britanniques décevantes et de la perspective d’une baisse graduelle des taux par la Banque d’Angleterre, tandis que les rendements britanniques à 10 ans ont légèrement reculé.

Le yen s’est modestement déprécié face au dollar, après un PIB japonais inférieur aux attentes et un ralentissement de l’inflation.

Le franc suisse a confirmé sa résilience malgré une croissance modeste, consolidant son statut de valeur refuge.

Parmi les devises liées aux matières premières, l’AUD a souffert de minutes jugées accommodantes de la RBA, tandis que le NZD a rebondi après des commentaires plus optimistes de la Banque centrale (RBNZ).

Les devises émergentes, à l’image du peso mexicain, sont restées globalement stables, reflétant la prudence des investisseurs face aux tensions géopolitiques et aux incertitudes entourant les décisions américaines en matière de droits de douane.

Taux : Aplatissement Européen

Métro, Boulot Dodo et pluie… Je n’en pluie plus de ce temps !!

En Europe, les rendements souverains sont restés quasi stables : le Bund 10 ans autour de 2,74 %, l’OAT 10 ans à 3,31 % et le BTP 10 ans à 3,34 %. La courbe swap euro a légèrement évolué, avec un aplatissement sur le segment court, tandis que la partie longue est restée globalement stable. Cette dynamique traduit la prudence des investisseurs face à l’appréciation de l’euro et à la politique monétaire de la BCE, attentive à l’impact du taux de change sur l’inflation.

Aux États-Unis, les taux ont légèrement progressé en fin de semaine après la décision de la Cour suprême sur les droits de douane, le 10 ans atteignant 4,09 % et le 2 ans 3,48 %, malgré un PIB du quatrième trimestre inférieur aux attentes et une inflation PCE sous-jacente en légère accélération.

Au Royaume-Uni, les rendements des Gilts ont reculé, reflétant les anticipations de baisses de taux par la BoE, tandis qu’au Japon, les taux longs se sont détendus à la suite d’adjudications à 5 ans bien accueillies et d’une atténuation des craintes entourant la dette souveraine.

Bonne semaine à tous