Lettre Hebdo des marchés semaine 06: Mal de mer

Cross Asset : La grande rotation.

Personne n'y échappe: Casimir de l'ile aux enfants, Bill du Bigdil et le loup d'Intermarché dans les Epstein Files!!

Sur les marchés actions, la dynamique globale a été dominée par une remise en question explicite du modèle de croissance porté par les méga capitalisations technologiques. Les annonces successives de plans d’investissement massifs dans les infrastructures IA ont cristallisé les inquiétudes des investisseurs. Cette désillusion a provoqué une correction nette des valeurs technologiques : Le Nasdaq a sous-performé malgré une économie toujours résiliente. En comparaison, les autres indices ont surperformé, traduisant une rotation claire vers d’autres segments. 

En Europe, la semaine s’est inscrite dans un climat de dispersion sectorielle extrême, amplifiée par une saison de résultats exigeante. Les secteurs automobile, énergie et certaines valeurs industrielles ont été lourdement sanctionnés, tandis que les banques ont continué de surperformer, soutenues par la stabilité des taux longs, l’amélioration graduelle de la demande de crédit et une visibilité bénéficiaire jugée supérieure à celle d’autres secteurs. 

Les marchés asiatiques sont restés volatils et fragmentés, le Japon bénéficiant d’anticipations de relance budgétaire, tandis que la Chine et Hong Kong demeurent pénalisées par l’absence de catalyseur macroéconomique crédible à court terme.

Le crédit a fait preuve d’une résilience remarquable au regard de la volatilité observée sur les actions. Les spreads Investment Grade sont restés bien contenus et le segment High Yield a terminé la semaine globalement stable, voire légèrement plus serré, malgré des épisodes de nervosité :La rotation observée sur les actions a ainsi trouvé un écho cohérent sur le crédit, sans déclencher de dynamique de stress systémique.

Les cours de l’or rebondissent vendredi après plusieurs jours de volatilité liés à la Fed (après le choix de Kevin Warsh à sa tête) et aux tensions géopolitiques, évoluant dans une zone fragile entre fondamentaux favorables et prises de bénéfices.

Les métaux industriels sont restés structurellement soutenus par les besoins d’investissement liés aux infrastructures énergétiques et aux data centers, malgré des phases de consolidation tactique.

Le pétrole a évolué dans un régime de forte volatilité avec une baisse sur la semaine, au gré des annonces diplomatiques et des tensions au Moyen-Orient.

Le bitcoin connaît une période de forte volatilité. Jeudi à minuit, son cours flirtait avec les 60 000 dollars, un seuil inédit depuis mars 2024, avant de remonter au-dessus de  70 000 dollars vendredi soir.

 

Change : Dollar tactique

J’ai regardé les jeux de Milano-Cortina et j’ai énormément de respect pour l’athlète qui est deuxième au biathlon : Le leader est juste devant lui et il a une carabine dans les mains !

Le dollar américain a retrouvé une position centrale, bénéficiant à la fois de la correction des actifs risqués, du recalibrage progressif des anticipations de baisse de taux de la Fed et de son statut défensif dans un environnement plus volatil. Même si un reflux partiel est intervenu en fin de semaine après des données sur l’emploi moins dynamiques, le billet vert demeure structurellement soutenu tant que la croissance américaine conserve un avantage relatif. 

L’euro a évolué autour de la zone 1,18, soutenu par la désinflation mais plafonné par une BCE engagée dans un statu quo prolongé, la devise unique étant désormais perçue comme un facteur de contrainte pour la croissance plutôt que comme un moteur. 

La livre sterling a affiché une volatilité élevée, pénalisée par les incertitudes politiques et par une Banque d’Angleterre profondément divisée, renforçant les anticipations de baisse de taux précoce. 

Le yen est resté structurellement fragile, malgré quelques tentatives de stabilisation liées à des discours plus hawkish de la Banque du Japon, les perspectives budgétaires continuant de peser lourdement sur la devise. 

Les devises liées aux matières premières, en particulier l’AUD, ont globalement mieux résisté, soutenues par des politiques monétaires moins accommodantes et par la résilience des métaux, tandis que certaines devises comme la SEK ou le NZD ont souffert de surprises macroéconomiques négatives. 

Du côté des émergents L’INR s’est distinguée en début de semaine grâce à des annonces commerciales favorables, avant de consolider. À l’inverse, les devises liées à la Chine restent pénalisées par l’absence de visibilité macro.

 Le MXN a montré une résilience notable, soutenu par une banque centrale crédible et une trajectoire inflationniste  maîtrisée. 

 

Taux : La grande normalisation !

Mesdames pour la saint valentin qui arrive, apprenez le langage des fleurs :

- Roses : il a quelque chose en tête

- Lys : il a quelque chose en tête

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- Chrysanthèmes : Vous êtes décédée

 

Les marchés de taux ont poursuivi un lent mais constant processus de normalisation des anticipations, tant aux États-Unis qu’en zone euro. 

Outre-Atlantique, la volatilité des rendements n’a pas remis en cause le message de fond : la croissance reste résiliente, les anticipations d’inflation demeurent élevées et les attentes de baisses de taux agressives apparaissent excessives. La courbe américaine conserve ainsi un biais de pentification, alimenté par la reconstitution progressive de la prime de terme et par l’idée d’une Réserve fédérale plus patiente que ne l’anticipe le marché. 

En zone euro, la BCE a validé un scénario de statu quo prolongé, probablement jusqu’en 2027, maintenant un ancrage solide des segments courts de la courbe. Le long terme, en revanche, reste sensible aux enjeux budgétaires et à l’augmentation de l’offre de dette publique. 

La courbe des swaps euro a continué de livrer des signaux clés : une pentification persistante du segment 10/30, traduisant une prime de terme toujours présente, un aplatissement des segments courts cohérent avec l’ancrage des taux directeurs, et une contraction des asset swaps reflétant un environnement de primaire abondant et une demande soutenue pour le papier souverain. L’ensemble confirme un marché convaincu que le pic des taux est passé, sans pour autant adhérer au scénario d’un retour rapide à des conditions monétaires très accommodantes !

Bonne semaine à tous