Cross Asset : L’IA comme colonne vertébrale.
Le saviez-vous: En Bretagne, la phrase « c’est la chandeleur, faisons des crêpes! » se prononce « on est lundi» !
La semaine a été dominée par une hiérarchie des marchés de plus en plus structurée autour de l’intelligence artificielle, mais aussi par une montée très nette de la dispersion intra- et inter-marchés. Aux États-Unis et en Asie, la thématique IA continue d’agir comme un puissant moteur directionnel. Les valeurs liées aux semi-conducteurs, aux data centers et aux équipements critiques ont concentré l’essentiel de la surperformance, confirmant la profondeur du cycle d’investissement en cours.
Toutefois, les publications de plusieurs géants technologiques ont mis en lumière un arbitrage de plus en plus exigeant entre croissance des revenus, intensité capitalistique et rentabilité à court terme (sanction violente sur Microsoft)
En Europe, les marchés ont souffert d’un double handicap structurel : une exposition plus limitée à l’IA et une appréciation rapide de l’euro, qui pèse sur les perspectives bénéficiaires. Les déceptions sur des poids lourds de la consommation et du logiciel ont accentué la sous-performance relative des indices européens, malgré un soutien ponctuel venu des banques et de certains industriels exposés au numérique.
Les marchés émergents, en particulier asiatiques, ont initialement bénéficié de la faiblesse du dollar, avant d’afficher plus de volatilité en fin de semaine avec le rebond du billet vert.
Les marchés du crédit ont affiché une robustesse notable tout au long de la semaine, malgré la volatilité observée sur les actions et les ajustements parfois rapides sur les taux.
Le pétrole s’est inscrit dans une trajectoire haussière sur l’ensemble de la semaine, porté par la montée des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, des perturbations temporaires de production et l’effet mécanique de la faiblesse initiale du dollar.
L’or, après avoir enchaîné de nouveaux records historiques en début de semaine, a subi une correction brutale et rapide. Le retournement s’explique par une combinaison de prises de bénéfices massives, du rebond du dollar, de la remontée des taux réels américains !
Dans un environnement marqué par une liquidité réduite et des incertitudes économiques persistantes, le bitcoin recule nettement, à l’image de l’ensemble du marché des crypto-actifs.
Les métaux industriels ont évolué de manière plus erratique, bénéficiant ponctuellement des perspectives liées à l’IA et à la transition énergétique, avant d’être pénalisés par le durcissement des conditions financières en fin de semaine.
Change : Le dollar vacille
C'est bon on est en février : Finies les bonnes résolutions, vous pouvez résilier tranquillement votre abonnement à Basic Fit !
La première partie de la semaine a été dominée par une faiblesse généralisée du billet vert, alimentée par les craintes budgétaires américaines, les tensions politiques internes et l’anticipation d’un statu quo prolongé de la Fed. En fin de semaine, l’annonce autour de la future direction de la Fed a provoqué un rebond du dollar, perçu comme un signal de crédibilité monétaire accrue.
L’euro a dépassé le seuil symbolique élevés face au dollar (1.20) avant de finir la semaine sous les 1.19 !
Le yen s’est imposé comme l’autre grande devise de la semaine, soutenu par la rhétorique interventionniste des autorités japonaises et par un ajustement des anticipations de politique monétaire. Cette appréciation a toutefois été partiellement effacée en fin de semaine avec la détente de l’inflation japonaise et le report des attentes de resserrement de la BoJ.
Le franc suisse a joué son rôle de valeur refuge, tandis que les devises cycliques (dollar australien et canadien, la livre sterling ) ont alterné phases de soutien et de correction, au gré des fluctuations du dollar et de l’appétit pour le risque.
Le won coréen a sous-performé, pénalisé par les menaces tarifaires américaines malgré un marché actions local très solide.
Le renminbi chinois est resté étroitement piloté par le fixing de la banque centrale (PBoC), sous pression diplomatique américaine pour une appréciation plus rapide.
La roupie indienne est restée relativement stable, soutenue par les perspectives d’accords commerciaux avec l’UE et des flux d’investissement favorables.
Le peso mexicain a évolué de manière heurtée, affecté par le raffermissement du dollar et les tensions géopolitiques régionales, malgré un portage toujours attractif.
Le réal brésilien est resté volatil, sensible aux flux de matières premières et aux incertitudes budgétaires domestiques.
Enfin la livre turque poursuit sa dépréciation graduelle, dans un cadre toujours très administré.
Taux : Détente européenne !
Inquiétant ? : Ça fait bientôt 24h que l'on n'a pas entendu Trump déclarer vouloir faire un parc aquatique à gaza, un accrobranche en Ukraine, un parc Asterix en Iran, une académie de coiffure en Corée du Nord ou déplacer Cuba dans le Pacifique !
Les marchés de taux ont été marqués par une dichotomie croissante entre la zone euro et les États-Unis. En Europe, les rendements souverains se sont globalement détendus sur la semaine, soutenus par des émissions mieux maîtrisées, un regain de visibilité politique et une perception de stabilité monétaire durable. Le spread OAT/Bund est resté contenu, confirmant l’absence de stress spécifique sur le risque français.
La courbe des swaps euro a constitué l’un des signaux les plus intéressants de la semaine. Les segments courts et intermédiaires (2/5 et 2/10) ont montré des phases de compression, reflétant une anticipation de stabilité des taux directeurs et une inflation perçue comme progressivement maîtrisée. À l’inverse, la partie longue de la courbe s’est nettement pentifiée, avec un écartement progressif du 10/30 swap. Ce mouvement traduit des interrogations persistantes sur la soutenabilité budgétaire à long terme.
Aux États-Unis, les taux longs ont été plus volatils, sensibles aux données d’inflation, aux débats budgétaires et aux anticipations autour de la future orientation de la Fed. avec le 10 ans Treasury oscillant autour de 4,22–4,25%. La tension s’explique par l’anticipation d’une Fed potentiellement moins accommodante sous une future présidence Warsh, par les pressions inflationnistes persistantes dans les services et par l’incertitude liée à la dynamique budgétaire (shutdown). Les taux courts (2 ans) se sont maintenus autour de 3,58%, reflétant une vigilance sur la trajectoire des taux directeurs. La remontée modérée des rendements en fin de semaine traduit une réévaluation prudente du scénario monétaire, sans remise en cause majeure du statu quo à court terme.
Bonne semaine à tous






