Lettre Hebdo des marchés semaine 01 (Récap 2025): RIP 2025

Cross asset : 2025, l’année où l’euphorie a été maîtrisée ?

Vu ce début d’année, il n’est pas complètement stupide de célébrer le 1er Janvier,  le simple fait que la terre ait réussi une rotation complète autour du soleil 

Les marchés financiers ont été portés par une croissance résiliente, la détente monétaire et l’enthousiasme autour de l’intelligence artificielle. L’ampleur du « rally » a nourri les craintes de bulle, mais sans jamais renverser le sentiment dominant 

Sur les marchés actions, la performance a été large mais hétérogène. Le CAC 40 est en hausse, malgré un contexte politique complexe et pénalisé par le poids du luxe et par la fragilité des finances publiques françaises. À l’inverse, l’Espagne,  l’Allemagne et le Royaume-Uni ont surperformé en profitant d’un environnement plus favorable.

Aux États-Unis, la dynamique est restée impressionnante, porté par l’IA et la vigueur du cycle. Les craintes de récession, de choc tarifaire ou de correction technologique ont généré des épisodes de volatilité courts, rapidement effacés par des rebonds puissants.

En 2025, les marchés du crédit en euro ont confirmé leur excellente dynamique, avec une troisième année consécutive de performances solides et une surperformance marquée des obligations Investment Grade et surtout High Yield face aux emprunts d’État, dans un contexte d’activité primaire record et de forte demande investisseur.

Cette performance s’est appuyée sur des fondamentaux d’entreprises robustes, une gestion prudente des bilans et des taux de défaut restés faibles et concentrés sur les signatures les plus fragiles. Cette robustesse est a mettre en comparaison avec une hausse généralisée des rendements d’État européens, alimentée par l’augmentation massive des besoins de financement public. 

Le Brent a terminé l’année autour de 61 dollars, en baisse de 17 %, sur fond de ralentissement mondial, de montée des renouvelables et de fin de la discipline de l’OPEP+.

Les autres matières premières ont, en revanche, brillé. L’or a défié tous les pronostics, culminant au-delà de 4 500 dollars l’once, soutenu par la détente monétaire, l’incertitude politique américaine et la diversification des réserves des pays émergents. L’argent a fait encore mieux, tandis que le cuivre et le platine ont inscrit de nouveaux sommets, nourrissant les anticipations de tensions futures sur l’offre.

Dans cet environnement, le bitcoin a fait figure d’exception négative. En recul sur l’année, il a pâti de la montée en puissance des stablecoins, perçus comme plus fonctionnels et moins volatils.

 

Change : 2025, l’année où le marché a réappris à choisir ?

 

« Bonnes résolutions 2011 : Se dégager du temps pour la famille et finir la terrasse » Xavier Dupont de L.

 

Après une longue phase dominée par le dollar et la politique monétaire américaine, le marché des changes est entré en 2025 dans un régime plus fragmenté. Le billet vert poursuit son mouvement de baisse même si il est resté central, mais il a surtout cessé d’être la réponse automatique à chaque choc, laissant les devises évoluer à nouveau selon leurs fondamentaux propres.

Le franc suisse s’est imposé comme la valeur refuge de l’année, récompensant discipline budgétaire, crédibilité monétaire et stabilité institutionnelle. 

Les couronnes nordiques, longtemps délaissées, ont profité d’un rééquilibrage des valorisations et d’une meilleure lisibilité macroéconomique. 

À l’inverse, le yen japonais a continué de décevoir, pénalisé par une normalisation monétaire hésitante et des interventions sans effet durable. 

La livre sterling est restée prisonnière de ses fragilités budgétaires, incapable de transformer une valorisation attractive en dynamique positive. 

L’euro, enfin, a traversé l’année sans éclat, mais non sans progrès : une année de transition, marquée par une stabilisation progressive des anticipations de politique monétaire.

Dans les marchés émergents, 2025 a signé la fin du carry aveugle. Le rendement a continué d’attirer les flux, mais uniquement lorsqu’il reposait sur des fondations crédibles. 

En Europe, le forint hongrois et le zloty polonais ont bénéficié d’un regain d’intérêt lorsque la cohérence monétaire et budgétaire s’est améliorée. 

En Amérique latine, le peso mexicain s’est distingué par ce qui a le plus manqué au marché : la visibilité. Le réal brésilien, lui, a illustré toute l’ambiguïté du carry, combinant rendements élevés et volatilité accrue. 

En Afrique du Sud, le rand a surpris par sa résilience, soutenu par une politique monétaire prudente et une amélioration relative du risque politique.

En Asie, les devises à faible rendement — won coréen et dollar taïwanais — ont été davantage guidées par les flux actions et technologiques que par les différentiels de taux, tandis que les devises à rendement plus élevé ont été traitées avec prudence dans un contexte de sortie partielle du carry. 

Enfin, Le renminbi chinois n’a pas été un moteur de performance, mais un facteur de contrainte, pénalisé par le ralentissement structurel, les tensions immobilières et une gestion étroite du change, maintenant une volatilité contenue mais orientée à la baisse.

 

Taux : 2025, l’année où les taux ont cessé de surprendre ?

Dans un souci d'écologie, pour la nouvelle année qui s'annonce, je vais recycler mes bonnes résolutions de 2025 que je n’ai pas utilisées…c’est-à-dire toute.

Après les chocs inflationnistes et le resserrement brutal des années précédentes, les grandes banques centrales ont progressivement convergé vers une même lecture du cycle. Aux États-Unis, en zone euro et au Royaume-Uni, les rendements ont évolué de concert, traduisant une conviction partagée : le pic des taux est derrière nous, et le risque s’est déplacé vers l’activité plutôt que vers l’inflation.

L’année a aussi mis en lumière un décalage croissant entre discours et réalité, notamment en Europe, où les marchés ont rapidement intégré des baisses de taux que la communication officielle peinait à reconnaître. Les courbes se sont pentifiées, non par excès d’optimisme, mais par ajustement progressif à un nouvel équilibre monétaire.

En effet sur l’ensemble de 2025, les courbes de taux ont été dominées par un mouvement de « bull steepening »(pentification par le long). La détente s’est concentrée sur les maturités courtes, reflet de la réévaluation des trajectoires de politique monétaire, tandis que les maturités longues ont baissé de manière plus graduelle avant de remonter en fin d’année.

Ce mouvement, très synchronisé entre les grandes zones, a renforcé l’idée d’un régime de taux plus stable, dans lequel les stratégies de courbe redeviennent centrales.

Dans ce paysage largement synchronisé, le Japon a fait figure d’exception. La Banque du Japon a maintenu une trajectoire distincte, offrant aux obligations japonaises un rôle rare en 2025 : celui de véritable outil de diversification dans un univers de taux devenu homogène.

Une très belle année et une très bonne semaine à vous tous